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Chloration de l’eau par pompe doseuse non électrique (43)

Afin de sécuriser l’alimentation en eau potable de nombreux réservoirs isolés et non électrifiés, le Syndicat de gestion des eaux du Brivadois a engagé, en partenariat avec l’entreprise Dosatron, un programme de chloration des eaux de source avant stockage.

Cette démarche répond à une obligation réglementaire imposant la désinfection de toute eau destinée à la consommation humaine.

La solution retenue repose sur des pompes doseuses proportionnelles non électriques, utilisant l’énergie hydraulique de l’eau pour assurer une injection continue et homogène du chlore. Déployé progressivement depuis 2018, le dispositif vise à fiabiliser la qualité de l’eau distribuée sur un territoire rural étendu, tout en maîtrisant les coûts d’investissement et d’exploitation.

Entretien avec Yann Michelet, Responsable projet traitement de l’eau Dosatron

Parole d'entreprise
Yann MICHELET, Responsable projet traitement de l’eau Dosatron - Crédit photo : Dosatron
Pollutions

Ce projet est présenté par :

  • Yann Michelet, Responsable projet traitement de l’eau Dosatron
 Notre solution permet de garantir une qualité d’eau homogène et conforme, même dans des sites très isolés, sans recourir à l’électricité.
Yann Michelet

Parole d'entreprise

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En quoi consiste le projet de chloration de l’eau par pompe doseuse non électrique pour le syndicat de gestion des eaux du Brivadois ?

Le projet concerne le territoire du Brivadois, situé sur la partie nord-ouest de la Haute-Loire, et géré par le Syndicat de gestion des eaux du Brivadois, qui regroupe environ 80 communes. Ce territoire compte près de 200 réservoirs d’eau, souvent éloignés des centres urbains et pour la plupart dépourvus d’alimentation électrique. Or, la réglementation française impose la chloration de toute zone de stockage d’eau potable, conformément à l’article L.1321-1 du Code de la santé publique*, sous le contrôle des Agences régionales de santé (ARS).

L’eau issue des sources du bassin versant doit être désinfectée à une concentration comprise entre 0,2 et 0,3 mg/l de chlore libre, y compris lorsque les réservoirs desservent un nombre limité d’habitations. Les agents d’exploitation doivent ainsi garantir en permanence la continuité de service, la qualité sanitaire de l’eau, l’entretien des ouvrages et la prévention des risques bactériologiques.

Dans ce contexte, l’électrification des réservoirs existants aurait représenté un coût disproportionné. Le choix d’une solution de chloration non électrique permet d’assurer une désinfection efficace en amont du stockage, tout en respectant le temps de contact nécessaire entre l’eau et le chlore.
* Toute personne qui offre au public de l’eau en vue de l’alimentation humaine est tenue de s’assurer que cette eau est propre à la consommation.

Comment le Syndicat de gestion des eaux du Brivadois s’est-il adressé à vous ?

La collectivité a été initialement sensibilisée à cette solution dans le cadre d’un travail de stage portant sur la chloration de l’eau sans électricité. À l’issue de cette première expérimentation, le système a été testé sur un site pilote, démontrant sa fiabilité et son efficacité à plus grande échelle. À la suite de cette phase de qualification, le Syndicat de gestion des eaux du Brivadois a procédé à des acquisitions successives, adaptées aux besoins des différents sites.

Le premier déploiement a été réalisé en 2018. La solution, simple à installer, peut être mise en œuvre soit par des entreprises de canalisations partenaires, soit directement par les services techniques de la collectivité lorsqu’ils disposent des compétences nécessaires. Le fabricant reste fournisseur de l’équipement, tandis que l’installation et l’exploitation sont assurées localement.

Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne votre solution dans ce type de projet ? Quelle est la proposition de valeur de votre solution pour une collectivité ?

La solution repose sur une pompe doseuse proportionnelle installée en dérivation sur la conduite d’arrivée d’eau de source, en amont du réservoir. Elle fonctionne exclusivement grâce à l’énergie hydraulique générée par la pression et le débit de l’eau, sans recours à l’électricité. Le mouvement de l’eau actionne un piston moteur, relié mécaniquement à un piston doseur qui injecte le chlore de manière proportionnelle et homogène.

Cette technologie garantit un dosage constant, quelle que soit la variation de débit, sans nécessité de paramétrage complexe. Contrairement aux systèmes électriques, elle ne requiert ni asservissement ni mesure préalable du débit. La concentration réglementaire de chlore est ainsi respectée sur l’ensemble du réseau.

La proposition de valeur réside dans la fiabilité du traitement, la simplicité d’exploitation, la réduction des coûts énergétiques et la capacité à équiper des sites isolés ou difficiles d’accès.

Comment expliquez-vous à un profane votre solution et la valeur qu’elle apporte ?

La pompe utilise tout simplement l’énergie de l’eau qui circule dans la canalisation, à la manière d’un moulin entraîné par le courant. À chaque passage d’eau correspond une quantité précise de chlore injectée, ce qui permet de traiter l’eau de façon régulière et homogène, indépendamment des variations de débit. Le système fonctionne en continu, sans électricité, et s’adapte automatiquement aux volumes d’eau qui transitent dans la conduite.

Les innovations récentes intègrent un capteur (système Clack n’Track) relié à un enregistreur de données), qui permet de suivre à distance le fonctionnement de l’équipement, le nombre de cycles du moteur, les volumes d’eau traités et d’anticiper les besoins de maintenance ou de remplissage du produit de désinfection. In fine, ce dispositif optimise les coûts d’exploitation tout en limitant les déplacements inutiles.

Quels sont les principaux pré-requis à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?

La mise en œuvre de ce type de solution suppose une bonne connaissance des principes de chloration et des exigences réglementaires en vigueur. La maîtrise des taux de désinfection est indispensable, ceux-ci étant définis par la réglementation et contrôlés par les autorités sanitaires. Le traitement doit également être adapté aux caractéristiques locales de l’eau, qui peuvent varier selon les bassins versants et les saisons, en fonction notamment de la turbidité, de la température ou de la présence de matières oxydables.

Sur le plan technique, la collectivité doit disposer d’un local dédié et hors gel pour l’installation de l’équipement, ainsi que d’une arrivée d’eau garantissant une pression minimale de 0,5 bar, nécessaire à la mise en mouvement du moteur hydraulique de la pompe. À l’inverse, une pression excessive peut endommager le système mécanique et doit être maîtrisée. Ces paramètres hydrauliques sont systématiquement vérifiés en amont du projet afin de garantir la fiabilité et la pérennité de l’installation.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à une collectivité qui souhaiterait réaliser ce type de projet ?

Il est recommandé de disposer en amont des paramètres hydrauliques du réseau, notamment les débits et pressions sur chaque site, ainsi que des analyses de qualité de l’eau (pH, turbidité, dureté, présence de fer ou de manganèse). Ces données permettent d’évaluer la demande en chlore et les risques bactériologiques.
La pompe doit être positionnée avant le réservoir afin de garantir un temps de contact suffisant, estimé entre 30 et 40 minutes, pour une désinfection efficace. Un suivi régulier du chlore libre est indispensable, en conformité avec la réglementation. Des formations à la maintenance et à l’exploitation complètent utilement le dispositif.

Avez-vous des résultats concrets à fournir sur le projet ?

La conformité de la qualité de l’eau est attestée par les analyses réglementaires réalisées sur les réseaux équipés. Les dispositifs de suivi à distance permettent de visualiser les volumes traités, le fonctionnement des pompes et de détecter d’éventuelles anomalies, telles que des fuites ou des variations anormales de débit. Ces outils contribuent à optimiser les interventions et à réduire les coûts d’exploitation.

Plus largement, quelle est l’actualité de votre société sur la thématique des projets eau ?

Dosatron intervient sur de nombreux projets liés à l’accès durable à l’eau potable, en France et à l’international. L’entreprise est notamment engagée dans des projets labellisés développement durable et a vu plusieurs de ses solutions reconnues par la Fondation Solar Impulse, qui promeut des technologies à la fois écologiquement vertueuses et économiquement viables, ne reposant pas sur la consommation d’énergie.

Tous secteurs confondus (santé animale, irrigation, industrie, hygiène et eau, un domaine qui connaît la plus forte croissance ces trois dernières années), Dosatron produit environ 180 000 pompes par an, dont 90 % sont destinées à l’export. Elle contribue à plusieurs projets internationaux soutenant les Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 6.1 relatif à l’accès universel à l’eau potable.

Des projets d’envergure sont actuellement déployés dans le cadre de dispositifs de financement internationaux, tels que le FASEP (Fonds d’études et d’aide au secteur privé), qui finance des études de faisabilité et des démonstrateurs de technologies innovantes portés par des entreprises françaises. À ce titre, un projet est en cours à Madagascar. L’entreprise livre également plusieurs dizaines de pompes à Oman pour équiper des réservoirs isolés, et intervient plus largement en Afrique et au Brésil.

D’après votre expérience, quelle est la durée moyenne de ce type de projet ?

Les projets internationaux se déroulent généralement sur une échelle de temps comprise entre un et cinq ans. Ces délais s’expliquent par la complexité des montages financiers, des procédures d’appels d’offres et des phases de validation institutionnelle. À l’inverse, les projets locaux ou de gré à gré peuvent être déployés beaucoup plus rapidement, en quelques mois seulement, parfois après la validation préalable d’un site pilote lorsque cela s’avère nécessaire.

Quelle était la composition et/ou l’organisation de l’équipe projet ?

Les projets sont initiés en lien direct avec les clients finaux, qu’il s’agisse de municipalités, de syndicats d’eau, de ministères ou, dans certains cas, de structures privées ou industrielles. Ils sont conduits en coordination avec un bureau d’études et les services techniques compétents.

Le déploiement opérationnel est ensuite assuré par un partenaire canalisateur, un exploitant ou directement par la collectivité. En parallèle, l’entreprise forme et accompagne ses distributeurs et partenaires en région. Dans le cadre d’un appel d’offres, une phase de préparation et de calibrage du projet est nécessaire, pouvant s’étendre sur un à deux ans afin de définir précisément le périmètre technique et budgétaire

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Le projet en détails

Dates clés

2018

Lancement du projet par le Syndicat de gestion des eaux du Brivadois

2018 - 2024

Déploiement progressif des équipements sur les réservoirs

2025

Intégration du système de suivi Clack n’Track (C&T)

Chiffres clés

200

réservoirs d’eau gérés par le Syndicat

30

pompes installées dans les réservoirs d’eau non électrifiables

5000 - 6000

€ par poste (équipement et installation)

À retenir

Fonctionnement sans électricité, simplicité et rapidité d’installation

Faibles besoins de maintenance : le suivi à distance permet un gain de temps pour les exploitants et une meilleure anticipation des interventions

Quelques points de vigilance : le respect strict des plages de pression et de débit est indispensable au bon fonctionnement. De plus, les équipements doivent être protégés du gel

Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet

Dosatron international

En savoir plus sur Dosatron

Création de l'entreprise

1974

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