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En Loire-Atlantique, une filière de bois bocage se monte avec l’appui du syndicat de bassin (44)

En contrant le ruissellement et l’érosion des sols, la trame bocagère contribue à préserver la ressource en eau et la reconquête de sa qualité.

Le syndicat de bassin versant Chère Don Isac impulse depuis 2023 l’émergence d’une filière sur le nord-ouest de la Loire-Atlantique, pour valoriser localement le bois bocager (énergie, bois d’œuvre, litière…) et encourager les agriculteurs et les communes à replanter des haies.

Après deux ans de travail collectif sous forme d’ateliers, journées techniques, visites, l’association Conservation de la Haie bocagère Collective Bois Nord 44 a été créée en mai 2025 pour préfigurer une société porteuse de la filière.

Entretien avec Christian Lemée et Cindy Gautier

Parole de collectivité
Christian Lemée, vice-président en charge du bocage au syndicat Chère Don Isac, maire de Théhil-lac (56), membre de la conférence des maires de Redon Agglomération. - Crédit photo : Banque des Territoires
Pollutions

Ce projet est présenté par :

  • Christian Lemée, vice-président en charge du bocage au syndicat Chère Don Isac, maire de Théhil-lac (56)
  • Cindy Gautier, animatrice de bassin versant, responsable du pôle agricole et bocage au syndicat Chère Don Isac
Si l’on travaille avec les agriculteurs qui souhaitent aujourd’hui franchir le pas de planter des haies bocagères, d’autres agriculteurs y viendront ensuite.
Christian Lemée

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l’eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action

Comment l’appui au développement d’une filière de bois bocager s’est-il imposé à l’agenda du syndicat Chère Don Isac ?

Christian Lemée : Nous réfléchissons depuis plusieurs années à la valorisation du bois pour aider les agriculteurs à rentabiliser la haie bocagère, qui représente un coût au moment de la plantation mais également pour l’entretien. La prospective menée par le syndicat en 2021-2022 a identifié cette thématique comme axe prioritaire. Depuis 2023, nous appuyons une démarche de valorisation du bois bocager sous différentes formes : bois-énergie, paillage pour les haies et les animaux…

Cindy Gautier : Le SCDI a organisé depuis deux ans plusieurs rencontres individuelles et collectives, deux journées techniques sur la gestion et la valorisation des haies, une réunion multi-acteurs de réflexion sur les conditions d’émergence de la filière. Ces temps forts ont permis de développer un réseau local, auquel participent des agriculteurs, associations, entreprises, collectivités, organismes agricoles… Les acteurs se structurent progressivement, en s’appuyant sur des groupes de travail et des visites de projets existants. Avec l’accompagnement du Réseau des énergies renouvelables locales et citoyennes en Pays de la Loire (RECIT), ces efforts collectifs ont abouti en mai 2025 à la création de l’association CHoCoBN 44 (Conservation de la Haie bocagère Collective Bois Nord 44), en préfiguration d’une société porteuse de la filière.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée des conditions d’émergence d’une filière de valorisation du bois bocager ?

Christian Lemée : La mise en réseau et les témoignages lors des journées techniques offrent de nombreuses sources d’inspiration sur le grand Ouest. Nous avons par exemple bénéficié du retour d’expérience de la chambre d’agriculture du Morbihan, qui travaille sur le bois bocager auprès des agriculteurs depuis des années. Nous avons également rendu visite à une CUMA qui a investi dans un bâtiment de stockage du bois avec l’appui du Collectif Bois Bocage 35. Les expériences individuelles des participants aux journées techniques et réunions alimentent aussi le projet. Certains agriculteurs sont engagés dans la valorisation du bois de diverses manières et les rencontres permettent de partager les expériences.

Cindy Gautier : Localement, Fégréac et La Grigonnais disposent déjà de chaufferies approvisionnées en bois par les agriculteurs et les services techniques des communes. En 2021, le syndicat s’était engagé dans un projet porté par Redon Agglomération en direction des collectivités. Il n’a finalement pas abouti, à la fois en raison de l’importante concertation nécessaire entre les communes impliquées et parce que le financement obtenu restreignait la valorisation au bois-énergie, ce qui ne nous convenait pas. Mais le projet a bien sûr fait progresser notre réflexion.

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Cindy Gautier : Non, il n’y a pas eu d’étude de faisabilité au sens strict. En 2021-2022, le SCDI a mené une démarche de prospective autour de la question : « Quelle relation entre les usages de l’eau, du sol et de l’espace au sein du territoire Chère Don Isac à l’horizon 2025 ? ». Trois axes stratégiques sont ressortis des travaux collectifs, parmi lesquels le développement d’une filière de valorisation du bois bocager. Les ateliers de prospective ont permis de montrer que le SCDI avait toute sa place sur ce sujet en tant que syndicat de bassin versant : en incitant les agriculteurs à maintenir et entretenir les haies bocagères, le développement de la filière agit sur la qualité de la ressource en eau. Une convention de partenariat a été signée avec le CEREMA, qui nous a accompagné au démarrage sur la méthodologie de développement de la filière et sur l’identification de retours d’expériences.

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

Christian Lemée : L’accompagnement et l’animation auprès des agriculteurs requièrent un savoir-faire mais aussi les compétences des techniciens bocage du syndicat sur l’évolution de la haie, de la plantation à la maturité, et sur la manière de l’entretenir et d’en exploiter le bois. Par exemple, le bois doit être récolté à la bonne période pour qu’il se renouvelle et que la haie vive le plus longtemps possible. L’appui technique à la sélection des différents arbres permet de valoriser le bois de diverses manières. Ces approches nécessitent de partager des connaissances apportées par le syndicat mais aussi via les groupes de travail.
Les techniciens bocage apportent leurs compétences dans le domaine de l’agronomie également. Les haies participent à conserver les sols et à les maintenir en bon état. Les talus retiennent les limons, que l’on préfère sur nos terres que perturbant la qualité de l’eau des rivières. En les plantant là où elles sont le plus utiles, les haies favorisent l’infiltration de l’eau dans le sol et participent aussi à la vie des insectes bénéfiques à l’agriculture.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des participants ?

Cindy Gautier : Pour lancer le réseau, nous avons organisé des rencontres individuelles en 2023 puis une journée technique en février 2024, proposant des ateliers sur des thématiques concrètes : intérêts de la haie, possibilités de valorisation, démonstrations de matériel… Dès cette journée, les participants ont exprimé leur volonté de lancer une démarche locale. En juin 2024 nous avons invité en partenariat avec Fibois des structures porteuses de filières en Mayenne et Ille-et-Vilaine à témoigner. Les participants se sont ensuite structurés en groupes de travail.

Christian Lemée : Notre démarche s’adresse aux agriculteurs comme fournisseurs de bois mais peut s’ouvrir aux communes également. Certains agriculteurs ont été marqués par l’échec d’une première filière développée sur le nord du département en 2017. Nous travaillons avec les volontaires. La rentabilité économique par rapport au coût de l’entretien est souvent la première motivation. Notre accompagnement porte sur les possibilités de valorisation du bois mais aussi sur les intérêts agronomiques de la haie, autour de la conservation des sols en particulier.

Cindy Gautier : Même si le syndicat s’engage dans la valorisation du bois bocager pour ses impacts sur l’eau, nous abordons avec les agriculteurs les intérêts multiples de la haie : conditions agronomiques, microclimat, stockage du carbone, biodiversité, paysage…

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Il est difficile d’avoir des données financières précises sur ce volet « valorisation du bois bocager » car les financements sont intégrés aux postes d’animation globaux. Les dépenses éligibles (animation, acquisition de matériel, plantation…) et les critères d’éligibilité prévus dans les programmes de financement des actions pour le bocage évoluent chaque année.

Plusieurs programmes ont été sollicités par le SCDI pour les actions de valorisation du bois bocager et de plantation :
· Liger Bocage 1 et 2 (Région Pays de la Loire, État, Agence de l’eau, Europe)
· Pays de la Loire bocage issu du Pacte de la haie national (Région, État et Europe)
· Pacte de la haie (État et Europe)

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné le syndicat Chère Don Isac dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Au-delà du rôle de facilitateur joué par le SCDI, l’ensemble des acteurs de la filière se sont mobilisés dans le projet : producteurs de bois bocager (agriculteurs, communes,…), structures d’accompagnement des agriculteurs et des autres acteurs (Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, CUMA, CIVAM, FIBOIS…), entreprises de transformation (scierie, entreprise de déchique-tage), structures valorisant le bois (communes et intercommunalités possédant des chaudières bois).

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Le projet en détails

Dates clés

2021

Mise à l'agenda du projet

2023 - 2025

Montée en compétences

2024 - 2025

Diagnostic et planification

Mai 2025

Création de l'association Conservation de la Haie bocagère Collective Bois Nord 44

Chiffres clés

40 à 118

mètres linéaires à l’hectare, la densité bocagère moyenne par commune sur le territoire du SCDI

19

structures adhérentes à l’association CHoCoBN 44 en 2025

À retenir

Sur le territoire, la sensibilisation progresse concernant l’intérêt et l’utilité de la haie, dans ses différentes dimensions bien au-delà du bois produit et valorisé

La création de l’association CHoCoBN44 constitue une étape clef et l’aboutissement des efforts continus depuis 2023

Pour sortir du cercle des convaincus, le travail de sensibilisation demeure important auprès des propriétaires de haies et des communes pour promouvoir le chauffage au bois et les réseaux de chaleur

Ressources

Conservation de la Haie Bocagère, Collectif Bois Nord 44

CHoCoBN44

Les partenaires de ce projet

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Réseau des énergies renouvelables locales et citoyennes en Pays de la Loire (RECIT)

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Cerema

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Chambre d’agriculture des Pays de la Loire

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