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Grand Chambéry (73) se lance dans la biosurveillance des micropolluants avec ToxMate

Pour surveiller la qualité de l’eau en temps réel, ViewPoint a conçu un système basé sur les réactions de trois espèces de macro-invertébrés en présence de micropolluants.

Développé en partenariat avec l’Inrae, ToxMate a été adopté par l’agglomération de Chambéry pour scruter la qualité des eaux à la sortie de sa station d’épuration, mais aussi celle de la nappe phréatique, au niveau du puits de pompage des Iles.

Grâce à des alertes basées sur les comportements de ces petits escargots, crevettes et sangsues, Grand Chambéry réalise des prélèvements au pic de la présence potentielle de micropolluants, et peut alors engager des analyses très poussées.

Entretien avec Didier Neuzeret, PDG de Viewpoint

Parole d'entreprise
Cyrille Girel, responsable du pôle environnement, qualité sécurité et prospective à Grand Chambéry et Didier Neuzeret, Pdg de ViewPoint - Crédits photo : Banque des Territoires
Pollutions

Ce projet est présenté par :

  • Didier Neuzeret, Pdg de ViewPoint
  • Cyrille Girel, Responsable du pôle Environnement Qualité Sécurité Prospective au Grand Chambéry
Dans le cadre de la mise en œuvre de la réglementation DERU 2, ToxMate permet aux stations d’épuration de prendre un temps d’avance sur le contrôle des micropolluants
Didier Neuzeret

Parole d'entreprise

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Pouvez-vous décrire le projet réalisé pour l’agglomération de Chambéry ?

Didier Neuzeret : Nous avons installé deux systèmes ToxMate en 2023 : au puits de pompage des Iles, pour les eaux de captage de la nappe phréatique, et l’autre à l’Usine de dépollution des eaux polluées (UDEP), pour suivre la qualité du rejet. Ce projet s’intègre dans une démarche vertueuse de Grand Chambéry, qui a souhaité mettre en œuvre une solution de biosurveillance en temps réel pour aller au-delà des attentes réglementaires en matière de qualité d’eau, et détecter la présence de micropolluants.

Cyrille Girel : Nous sommes en phase 2 du projet : sur nos deux installations, nous cherchons à corréler les évènements de toxicité et quantifier les potentiels polluants par analyse chimique sur l’eau et le biote. La phase 3 consistera si nécessaire à définir les mesures correctives notamment en lien avec la DERU 2. Mais pas seulement ! En caractérisant les micropolluants et en analysant les pics de pollution en fonction des jours et heures, nous obtenons des indices sur les types d’activités à l’origine des pollutions. Nous pouvons alors travailler avec les acteurs industriels à la réduction de ces pollutions, en amont. L’analyse des pollutions en temps réel va également nous aider dans la mise en œuvre de la REUT, pour réutiliser l’eau en sortie de l’UDEP au moment où sa qualité est la plus compatible avec les traitements de réutilisation.

Comment la collectivité s’est-elle adressée à vous ?

Didier Neuzeret : Chambéry agglomération disposait d’un système de biosurveillance au niveau de ces puits de pompage dans la nappe, mais basé sur la réaction de truites, en réalité peu sensibles aux micropolluants. La collectivité souhaitait remplacer ce système, et a tout de suite vu l’intérêt de l’installer également en sortie de station d’épuration.

Cyrille Girel : Plusieurs raisons nous ont conduits à surveiller la présence de micropolluants en sortie de l’UDEP. D’abord, les eaux sont actuellement rejetées assez loin, dans le Rhône, milieu déjà fortement impacté par de multiples rejets, et ponctuellement dans le lac du Bourget, milieu sensible s’il en est. Dans le même temps, dans le cadre de la directive eaux résiduaires urbaines 2 (DERU 2), nous souhaitons mieux connaître la toxicité des eaux pour adopter un niveau de traitement optimum des micropolluants. Cela nous permet également d’envisager la REUT à usage industriel. Enfin, comme je l’ai expliqué, nous avons besoin de caractériser les pollutions pour accompagner les industriels vers une réduction de ces pollutions en amont.

Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne la solution ToxMate ?

Didier Neuzeret : ToxMate est composé de trois aquariums contenant chacun une espèce de macro-invertébrés : des petits escargots, des crevettes et des sangsues. Ces aquariums sont alimentés par l’eau à analyser, par exemple en sortie de Step, et des caméras surveillent les réactions de ces macro-invertébrés, 16 par espèce, en fonction de la qualité de l’eau. Un algorithme analyse instantanément le changement de leur comportement, qui indique la présence de micropolluants. Quand un épisode de pollution est identifié, ToxMate déclenche immédiatement le prélèvement de l’eau, qui pourra alors être analysée. Ces analyses, comme la surveillance heure par heure des pics de pollution, nourrissent des datas qui permettent de mieux comprendre les épisodes de pollution.

Cyrille Girel : Cet outil est intéressant sur le long terme ! Le stade ultime – phase 4 – peut aller jusqu’à une utilisation de ces données en temps réel au service d’un pilotage des traitements des micropolluants dans le cadre de la REUT. C’est l’objet de notre partenariat avec ViewPoint dans le cadre de France 2030.

Quels sont les principaux prérequis à maîtriser avant de se lancer dans un projet de biosurveillance via ToxMate ?

Cyrille Girel : D’abord, il faut connaître ses ouvrages et leur fonctionnement pour bien interpréter les données obtenues grâce à ToxMate. Et puis, il faut être prêt à agir en fonction des résultats ! En 2026, nous faisons appel à ToxMate pour l’analyse : au lieu de 300 micropolluants testés, nous passons à 6 000 micropolluants, nous nous engageons bien au-delà de la réglementation.

Quels conseils donneriez-vous à une collectivité qui souhaiterait réaliser ce type de projet ?

Cyrille Girel : Ce système est intéressant sur la durée, car il est basé sur le recueil de données. Je conseille de bien définir ses objectifs en amont : s’assurer de la non-toxicité des eaux, obtenir des éléments pour mieux comprendre les pollutions et les traiter, mieux connaître le fonctionnement de la nappe etc.

Avez-vous des résultats concrets à fournir sur le projet ?

Cyrille Girel : Du côté de l’eau potable, nous avons pu corréler les épisodes de toxicité du ToxMate avec le cycle de la nappe. Ainsi, nous avons constaté que ceux-ci étaient plus fréquents quand la nappe est haute et en mouvement. C’est intéressant pour la suite ! Pour les eaux usées, nous avons corrélé des pics avec la présence de métaux lourds dans les effluents en entrée de l’UDEP. Cela nous permet de cibler les industriels avec lesquels nous devons travailler, en leur présentant des mesures concrètes.

Plus largement, quelle est l’actualité de votre société ?

Didier Neuzeret : Dans le cadre de France 2030, nous menons un projet pour développer des méthodes de pilotage des traitements des micropolluants en temps réel grâce à ToxMate. En 2026 et 2027, nous allons travailler sur quatre sites : une station d’épuration en zone urbaine, un site d’eau potable, une zone de rejet végétalisé et, à Chambéry, cette Step pour le volet REUT. En fonction de nos mesures, nous allons paramétrer des traitements adaptés à ces quatre problématiques. Ce projet s’intègre dans le calendrier réglementaire de la DERU 2, qui prévoit le traitement de certains micropolluants à l’horizon 2045.

D’après votre expérience, quelle est la durée moyenne de ce type de projet ?

Didier Neuzeret : Ce type de projet n’a pas vraiment de durée fixe : ToxMate est conçu pour assurer une surveillance en continu de la qualité de l’eau. En revanche, il suit quatre phases :

  • la mise en place, une période d’observation pour comprendre le fonctionnement du site,
  • la caractérisation des masses d’eau problématiques,
  • une aide au dimensionnement des traitements à mettre en place,
  • l’utilisation active et en continu pour piloter les traitements lorsque ceux-ci sont installés.

Une fois mis en œuvre sur un site, ToxMate a vocation à y rester indéfiniment !

Quelle est la composition de l’équipe projet ?

Cyrille Girel : Le service métrologie en appui du service exploitation s’occupe du suivi du matériel, de la maintenance, des prélèvements. Nous avons un chargé de mission qualité sanitaire de l’eau pour le suivi des analyses côté nappe et un responsable données réglementaires pour les analyses des eaux usées.

Didier Neuzeret : Côté ViewPoint, nous travaillons avec un technicien pour les maintenances et un data scientist pour faire parler les données acquises. Notre objectif est de simplifier la lecture de la data, d’aider à son interprétation. Quant à nos développeurs, ils travaillent sur des améliorations du système en continu.

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Le projet en détails

Dates clés

Octobre 2022

Commande des deux ToxMate par Grand Chambéry

Février 2023

Installation des ToxMate, phase d’observation

Février 2025

Installation des préleveurs pour débuter les analyses

Janvier 2026

Lancement du projet France 2030 pour le traitement des micropolluants

Chiffres clés

100 000

euros d’investissement matériel

2

systèmes ToxMate installés

6 000

micropolluants analysés

À retenir

Le système ToxMate permet une caractérisation en temps réel des micropollutions, pour une meilleure analyse des causes des pollutions, et un traitement adapté

En plus du système ToxMate, ViewPoint peut fournir une analyse très complète des micropolluants

Le système ToxMate s’installe sur le long terme, et nécessite des phases d’adaptation et d’observation qui peuvent être longues

Ressources

ToxMate : bio-détection en temps-réel de micropolluants

INRAE

TOXMATE Station de bio-détection de micropolluants en temps réel

France Environnement

Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet

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