Mettre en place un système d’oxygénation d’une retenue d’eau afin de sécuriser la ressource (50)
Saint-Lô Agglomération (50) a entrepris des travaux sur le barrage de Semilly, afin de mettre en place un système d’aération de sa retenue d’eau.
Achevé en 2023, ce dispositif a pour but de sécuriser la ressource en eau potable que représente le barrage, et d’éviter une pollution à l’ammonium, qui peut survenir si l’eau manque d’oxygène, notamment pendant les fortes chaleurs.
Afin d’assurer un approvisionnement à partir du barrage, la nouvelle installation permet d’aller puiser davantage dans l’eau du barrage dont la qualité est maintenant assurée lorsque celle du fleuve est incertaine.
Le barrage de Semilly, alimenté par le cours d’eau du Semilly, a été mis en service dans les années 70 – Crédits photo : Banque des Territoires
Grâce au système d’aération d’eau, Saint-Lô Agglo peut prélever en continu l’eau du barrage et obtenir une eau d’une qualité optimale
Comment ce projet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
La réflexion a commencé en 2020. Suite à l’année 2022, qui a été une année de sécheresse, ce projet est devenu une urgence. Le barrage était plein mais inexploitable à cause de la prolifération de petites algues dues à la forte chaleur et au manque d’oxygène dans l’eau entraînant une dégradation de la qualité de l’eau. Les études pour mettre en place un système d’aération sur le barrage étaient déjà en place, mais l’épisode de sécheresse a précipité les choses. Un marché avait déjà été lancé fin en 2021, remporté par Veolia, et le système d’aération de l’eau a été mis en service en 2023.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Élu en 2020, je n’étais pas à l’origine du projet, mais j’ai participé à sa mise en place. Il y a eu une concertation avec Saint-Lô Agglo, Veolia et AQUA Corp qui nous ont accompagnés sur le projet. Aqua Corps nous a apporté son propre catalogue de références sur ce type de projet, afin de nous aiguiller. Il existe plusieurs types de procédés d’aération de barrage, en surface ou en profondeur. Par rapport à notre barrage assez profond, AQUA Corp était le plus à même de nous guider avec des références similaires, essentiellement en Pays de la Loire et en Bretagne.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Une étude a été effectuée avec un rapport remis en mai 2021, et Saint-Lô Agglo a ensuite lancé un marché en octobre, remporté par Veolia en partenariat avec AQUA Corp.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?
Il faut avoir en tête les importants bénéfices de ce projet, qui permettent d’éviter les pénuries d’eau en cas de sécheresse. Lors de l’été 2022, on était à 15 jours près de distribuer des bouteilles d'eau aux citoyens, par manque de quantité dans la Vire, qui était notre seule source d'approvisionnement d’eau à ce moment-là, du fait de la mauvaise qualité de l’eau dans le barrage non traitable. Grâce à ce système d’aération du barrage qui permet d’éviter une forte dégradation de la qualité de l’eau cette situation pourrait être évitée, ce qui est essentiel dans le contexte de réchauffement climatique dans lequel nous sommes.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Simultanément à ce projet, nous avons entrepris de communiquer auprès de nos citoyens pour les inciter d’abord à diminuer leur consommation d’eau, à être plus économe. On s'aperçoit que ça marche, car la quantité d’eau consommée par habitant diminue. Les gens ont pris conscience que l’eau était une richesse. Nous essayons de communiquer, notamment à l’occasion des Journées du Patrimoine, pour informer les citoyens sur le barrage qui n’est pas très connu, car il n’est pas visible du public. Il est important que la ressource ne soit pas accessible à tous, pour éviter les pollutions, mais il faut l’expliquer aux citoyens. Cela passe par de la sensibilisation, mais aussi par la mise en place de périmètres de sécurité clôturés à proximité du barrage.
Suite à l’été de sécheresse et la situation de crise médiatisée, nous avons fait beaucoup de communication pour informer les gens de la source de l’eau potable qu’ils buvaient, qui était essentiellement issue de la Vire, ce que beaucoup ignoraient.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Le projet a coûté 300 000 euros (hors taxe), financé à 40% par l’Agence de l’eau. Le reste a été financé par le budget Eau de Saint-Lô Agglo. Pour ce genre d'opérations il n’y a pas d’autres fonds dont nous avons eu connaissance, pas non plus de fonds européens.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné Saint-Lô Agglo dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Nous avons collaboré avec Veolia qui a remporté le marché en 2022, et la société AQUA Corp, spécialiste du traitement des eaux. Nous avons aussi travaillé en collaboration avec l'Agence régionale de santé (ARS) et la police de l’Eau, et, bien sûr, avec l’Agence de l’eau qui a financé une partie du projet.