POLLUTIONS

Traiter les eaux de ruissellement avec le séparateur Trithon (14)

Parole d'entreprise

Pour vous inspirer, Aquagir donne la parole aux entreprises qui accompagnent les collectivités dans leurs projets de gestion de l’eau

Face à la multiplication des surfaces imperméabilisées et à la montée des exigences réglementaires autour des ICPE, la gestion des eaux de ruissellement s'impose comme un enjeu environnemental majeur. En 2022, le centre de tri Normandie Recyclage, basé à Dozulé dans le Calvados, a fait appel à SIMOP pour installer son séparateur hydrodynamique Trithon sur un site de 3 000 m².

Résultat : plus de 99 % des matières en suspension, des hydrocarbures et des métaux sont désormais piégés avant tout rejet dans le milieu naturel, grâce à un dispositif compact, autonome et fabriqué en France.

On traite au plus près de la pollution, sans pompe ni électricité. C'est compact, efficace et installable partout.

Sandrine NOEL, Directrice Marketing du SIMOP

L'interview

Pouvez-vous nous décrire l'exemple du projet de Dozulé ?

La société SIMOP conçoit et fabrique des solutions de traitement d'eau, aussi bien pour les particuliers que les privés (solutions d'assainissement non collectif de 4 à 1 000 équivalents habitants). On intervient sur les eaux usées sanitaires, eaux pluviales, tout ce qui concerne la récupération et réutilisation de pluie, et également tout ce qui concerne le traitement des eaux de ruissellement.
Ces eaux découlent des eaux pluviales, qui ensuite peuvent être chargées en intrants, etc. Ce sont toutes les eaux qui vont tomber sur des surfaces imperméabilisées ou plus ou moins imperméables et qui vont pouvoir se charger en différentes particules, notamment plastiques, des hydrocarbures, des résidus pneumatiques, des métaux lourds, des débris, etc.

SIMOP a été contacté par un centre de tri des déchets récemment implanté et classé ICPE (Installations Classées Protection de l'Environnement) en Normandie (Normandie Recyclage basé à Dozulé). Spécialisé dans le tri du fer et des métaux, son activité entraîne le dépôt de pollutions au sol telles que : métaux, particules plastiques, hydrocarbures, éléments de pneumatiques, et déchets divers ponctuels.

Avant les travaux, les eaux auraient ruisselé sur les 3000m2 du parc avant d’être déversées dans le milieu naturel. Pour protéger les environs des pollutions et respecter la réglementation qui encadre les ICPE, l’exploitant a fait installer un séparateur hydrodynamique et membranaire TRITHON en amont de l’infiltration dans le milieu naturel.
L’installation s’est faite en juin 2022 au sein du centre de tri. L’exploitant a volontairement opté pour un appareil de grande capacité car il y a un projet d’extension.

Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne votre solution dans ce type de projet ? Quelle est la proposition de valeur de votre solution pour une collectivité ?

TRITHON est un séparateur hydrodynamique à effet vortex conçu pour le prétraitement des eaux de ruissellement. Son principe repose exclusivement sur l'énergie hydraulique du réseau : il exploite les phénomènes de séparation gravitaire associés à un écoulement tourbillonnaire maîtrisé afin d'extraire les matières en suspension, les flottants et les polluants particulaires transportés par les eaux pluviales.

Cette technologie permet d'atteindre des performances élevées sur les particules fines, avec des rendements démontrés jusqu'à 50 µm lors des essais de validation. Le procédé fonctionne sans apport d'énergie, sans pompe et sans consommable, ce qui garantit une exploitation simple et limite fortement les besoins de maintenance.
L'un des principaux atouts de TRITHON réside dans sa facilité d'intégration sur des réseaux existants. Son fonctionnement gravitaire, avec une continuité de la ligne d'eau entre l'amont et l'aval, permet une implantation dans de nombreux contextes d'aménagement, y compris sur des sites isolés ne disposant pas d'alimentation électrique. Les travaux d'installation sont ainsi limités tout en conservant les caractéristiques hydrauliques du réseau.
À l'intérieur de l'ouvrage, la configuration hydraulique génère un écoulement vortex qui favorise la décantation des particules les plus denses dans le compartiment de stockage, tandis que les polluants flottants, et les microplastiques, sont retenus en surface avant évacuation d'une eau prétraitée.

Chaque ouvrage est dimensionné pour traiter des débits pouvant atteindre 25 L/s. Cette capacité répond à une stratégie de gestion décentralisée des eaux pluviales, consistant à intervenir au plus près des zones de production des pollutions plutôt que de concentrer l'ensemble des écoulements dans un ouvrage unique. Cette approche permet de limiter les transferts de pollution diffuse, de préserver les ouvrages situés en aval et d'améliorer l'efficacité globale du traitement.

TRITHON s'inscrit ainsi dans une logique de train de traitement des eaux pluviales. En réduisant les charges solides en amont, il contribue à préserver les performances et la durée de vie des ouvrages d'infiltration, de régulation ou de rétention en limitant leur colmatage. Cette approche est pleinement cohérente avec les recommandations des doctrines techniques du GRAIE, d'ADOPTA et de l'ATEP en faveur d'une gestion intégrée et durable des eaux pluviales.
Comme tout dispositif de prétraitement, les polluants interceptés sont concentrés dans l'ouvrage et doivent être évacués périodiquement par une opération de curage réalisée par un camion hydrocureur. Les déchets collectés sont ensuite orientés vers les filières de traitement agréées conformément à la réglementation en vigueur.

Comment expliquez-vous votre solution et la valeur qu’elle apporte à un profane ?

TRITHON est particulièrement adapté au prétraitement des eaux de ruissellement issues des infrastructures de transport et des surfaces fortement imperméabilisées : voiries, parkings, routes, autoroutes, plateformes logistiques ou zones portuaires. Il répond également aux enjeux des sites environnementalement sensibles, notamment lorsque les eaux pluviales sont rejetées vers le milieu naturel, les zones littorales, les eaux conchylicoles ou les zones de baignade, où la maîtrise des flux de polluants constitue un enjeu majeur pour la préservation des milieux aquatiques.

Grâce à son principe de séparation hydrodynamique, l'ouvrage permet de retenir efficacement les matières en suspension, les macro-déchets, les particules minérales et organiques ainsi qu'une part importante des polluants particulaires associés, y compris les particules plastiques transportées par le ruissellement lorsqu'elles sont liées à la fraction solide. Il contribue ainsi à limiter les transferts de pollution vers les milieux récepteurs et à réduire la pollution diffuse à la source.

TRITHON trouve également toute sa pertinence sur des sites à forte pression anthropique ou industrielle tels que les plateformes aéroportuaires, les déchetteries, les centres de recyclage, les casses automobiles, les zones d'activités industrielles ou les plateformes logistiques, où les charges en matières en suspension sont plus importantes et où la protection des ouvrages situés en aval constitue un enjeu technique et environnemental.
Il convient toutefois de rappeler que TRITHON est un dispositif de prétraitement dédié à la capture des polluants particulaires. Il ne se substitue pas à une filière complète de traitement lorsque les rejets sont soumis à des exigences réglementaires portant sur des polluants dissous ou sur des paramètres physico-chimiques spécifiques. Son rôle est de s'intégrer dans un train de traitement global afin de réduire les charges solides, de limiter le colmatage des ouvrages en aval et d'améliorer les performances globales de la gestion des eaux pluviales.

Quels sont les principaux prérequis à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?

Le prérequis fondamental pour pouvoir dimensionner ce type de projet, c'est de connaître les données pluviométriques locales et déterminer la surface active qui va être traitée. Donc, pour calculer la surface active, on prend en compte les différentes surfaces de collecte avec les différents types de matériaux qui sont présents.
On applique des coefficients différents en fonction. Nous avons un logiciel de calcul et de dimensionnement qui est disponible en ligne, directement sur notre site Internet, qui permet de dimensionner l'appareil pour déterminer cette surface active et prendre en compte les données pluviométriques locales spécifiques.

On peut prendre en compte soit des pluies décennales ou des pluies, effectivement, sur des moyennes de 5 ans, ce qu'on a en pluviométrie. Ça, c'est vraiment pour sécuriser au maximum le projet suivant l'impact qui peut être demandé. Ces méthodologies de calcul ne sont pas toujours maîtrisées par les collectivités ou par l'industriel.

Il faut parfois faire faire l'étude par un bureau d'études spécialisé.

Quel conseil donneriez-vous à une collectivité ayant les besoin d’une solution comme celle que vous proposez ?

La gestion des eaux pluviales connaît aujourd'hui une profonde évolution. Au-delà de la simple évacuation des eaux de ruissellement, les politiques publiques privilégient désormais une approche intégrée visant à gérer les eaux au plus près de leur point de chute, en combinant régulation hydraulique, prétraitement des pollutions, infiltration et préservation des milieux aquatiques.

Cette évolution répond à plusieurs enjeux : limiter les volumes rejetés vers les réseaux, réduire les risques d'inondation, préserver la qualité des masses d'eau et restaurer le fonctionnement naturel du cycle de l'eau.

Dans ce contexte, la maîtrise des pollutions particulaires constitue un enjeu croissant. Les matières en suspension transportent de nombreux contaminants, parmi lesquels les hydrocarbures, les métaux, les nutriments, mais également une partie des particules plastiques issues du ruissellement urbain. Leur interception en amont contribue à limiter les transferts de pollution vers les cours d'eau, les zones littorales et les milieux aquatiques sensibles.
Cette approche s'inscrit pleinement dans les objectifs de protection des milieux aquatiques poursuivis par les collectivités dans le cadre de leurs politiques de gestion des eaux pluviales et de prévention des inondations, en cohérence avec les compétences exercées au titre de la GEMAPI.

L'un des atouts de TRITHON est précisément de pouvoir être installé au plus près des zones de production des pollutions afin d'intercepter les matières avant leur dispersion dans le réseau. Grâce à sa conception compacte et à son fonctionnement gravitaire sans consommation d'énergie, il peut être intégré aussi bien dans des projets neufs que dans des opérations de réhabilitation de réseaux existants, où les contraintes d'emprise et de génie civil sont souvent importantes.

Conçu et fabriqué en France, dans notre usine de la Manche, TRITHON répond également aux enjeux de durabilité des infrastructures. Sa conception robuste, sa recyclabilité et sa faible consommation de ressources en exploitation en font une solution inscrite dans une démarche de gestion durable des eaux pluviales et d'adaptation des territoires aux défis environnementaux de demain.

Avez-vous des résultats concrets à fournir sur le projet ?

Sur le projet du centre de tri à Dozulé, nous avions tout de même des charges en pollution de 14 000 mg par litre en entrée en matière en suspension, et on arrive en sortie à environ 30 000 mg par litre, ce qui est énorme. On réussit un piégeage de plus de 99% sur ces matières là.

On piège également les métaux. Sur le cuivre, on passait de 40 mg par litre à moins de 1 microgramme par litre au rejet. Sur le zinc, on passait de 11 mg par litre à 0,5 mg par litre, par exemple. Pareil sur les métaux, on avait à peu près un abattement de 95%, ce qui est très important.

Et donc là, sur la partie hydrocarbures, on avait quand même, pareil, on passait de 470 mg rentrés à moins de 0,10 mg au rejet. Donc, pareil, 99% de rétention, très impressionnant.

Après plus d’un an d’utilisation, on constate un piégeage de 99.8% des matières en suspension, avec 95% du total des métaux piégés par l’appareil et une rétention des hydrocarbures de 99.9%.

Plus largement, quelle est l’actualité de votre société sur la thématique des projets eau ?

L'innovation chez SIMOP est guidée par les évolutions réglementaires, les attentes des collectivités et les nouveaux enjeux liés à la gestion durable de l'eau. La gestion des eaux pluviales occupe aujourd'hui une place centrale dans les politiques d'aménagement, avec une attention croissante portée à la maîtrise des pollutions diffuses, à la gestion à la source et à la préservation des milieux aquatiques.

Pour accompagner ces évolutions, SIMOP s'appuie sur un service Recherche & Développement dédié, qui assure une veille réglementaire et technologique permanente. Cette démarche nous permet de concevoir, d'améliorer et de faire valider nos solutions afin de répondre aux exigences techniques et environnementales actuelles, tout en anticipant les besoins futurs des territoires.

Concernant TRITHON, plusieurs programmes d'évaluation sont actuellement en cours afin de compléter les données de performance acquises lors de sa phase de développement. Une Appréciation Technique d'Expérimentation (ATEx) est notamment menée sur une plateforme de compostage à Villeneuve-sur-Lot afin d'évaluer le comportement de l'ouvrage dans un contexte industriel représentatif.

Parallèlement, TRITHON fait l'objet d'essais à l'Institut de Technologie de Karlsruhe, en Allemagne, sur des eaux de ruissellement de voirie. Ces travaux s'inscrivent dans notre stratégie de développement à l'échelle européenne et visent à démontrer les performances de la solution dans différents contextes d'utilisation, conformément aux attentes des gestionnaires d'infrastructures et des collectivités.

D’après votre expérience, quelle est la durée moyenne de ce type de projet ?

Sur ce type de projet, les délais d'étude sont généralement assez courts. Dès lors que les principales données sont disponibles – la surface à traiter, la nature des revêtements, l'activité du site, les caractéristiques des eaux de ruissellement, la pluviométrie ou encore la localisation du projet – il est possible de caractériser les enjeux de pollution et de dimensionner rapidement la solution la plus adaptée.

Une fois ces éléments réunis, le dimensionnement est réalisé rapidement et la mise en œuvre est tout aussi simple. Les équipements sont disponibles soit par l'intermédiaire de notre réseau de distributeurs et de négoces, auprès desquels les entreprises de travaux publics peuvent s'approvisionner, soit par une livraison directe sur chantier.

L'installation est ensuite relativement rapide, avec des travaux de terrassement limités et une mise en œuvre qui s'intègre facilement aussi bien dans des projets neufs que sur des réseaux existants. C'est l'un des atouts de TRITHON : proposer une solution compacte, simple à intégrer et rapidement opérationnelle.

Le projet de Dozulé illustre parfaitement cette approche. Entre les premières études et la mise en service de l'installation, moins d'un an a été nécessaire pour concrétiser le projet.

Le projet en détails

Dates clés

  1. 10 janvier 2022

    Vérification de la technologie Trithon par l‘ETV, le programme européen chargé de contrôler les performances des technologies environnementales innovantes

  2. Juin 2022

    Installation du séparateur Trithon sur le centre de tri de Dozulé

  3. Septembre 2022

    Début de la production et la commercialisation de Trithon

Chiffres clés

  • 3 000

    m2 de surface traitée

  • 99

    % des matières en suspension piégées

  • 25 litres / seconde

    le débit de pointe de traitement

À retenir

  • L'intérêt de ce projet réside dans le fait que le premier contact s'est fait directement avec l'exploitant industriel. Confronté à une problématique de conformité de ses rejets d'eaux pluviales, il recherchait une solution technique adaptée et avait identifié TRITHON. Nos équipes ont alors réalisé une étude de faisabilité et de dimensionnement afin de vérifier l'adéquation de la solution avec les caractéristiques du site et les objectifs de traitement

  • Les échanges ont également associé les services de la DREAL, dans le cadre du suivi réglementaire de cette installation classée. Les performances du dispositif, les éléments techniques du dossier ainsi que la solution proposée ont été examinés afin de s'assurer de leur pertinence au regard des objectifs de mise en conformité du site. Cette étape a permis de conforter le choix technique retenu par l'exploitant.

  • Si les projets liés à la gestion des eaux pluviales peuvent parfois être ralentis par les procédures administratives ou les phases d'instruction, SIMOP a fait le choix de s'appuyer sur des démarches de validation indépendantes afin d'apporter aux maîtres d'ouvrage et aux services instructeurs des garanties objectives sur les performances de ses solutions. TRITHON bénéficie ainsi d'un programme européen de vérification des technologies environnementales (ETV), soutenu par l'ADEME, qui vient compléter les essais de performance réalisés sur le dispositif

Les partenaires du projet

  • DREAL Bretagne

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