Confortement des digues de la Durance à Avignon (84) : 100 000 habitants protégés
Dans le cadre de sa compétence en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI), le Grand Avignon investit pour la protection des populations et le développement de son territoire.
L'Agglomération a confié au Syndicat Mixte d’Aménagement de la Vallée de la Durance (SMAVD) le projet de confortement et de restructuration du système d’endiguement qui protège à lui seul 100 000 habitants et 100 000 emplois. Un projet d’un budget de 4,6 millions d’euros, également stratégique pour l’attractivité du territoire puisqu’il permet de poursuivre l’aménagement des quartiers Courtine Confluence. Le chantier, de mars à décembre 2024, s’est apparenté à une course contre la montre. Inauguré au printemps 2025, le projet a été réalisé de manière responsable, en recyclant et en réemployant des matériaux présents sur site.
Les bords de la Durance ont été aménagés pour les promeneurs, avec 600 plantations et une aire de repos. Ou comment concilier efficacité de la prévention inondation, avec une protection centennale et l'attractivité du territoire.
Le système d’endiguement protège 100 000 habitants. Les digues peuvent maintenant supporter 5 000 m3/seconde contre 3 000 m3/seconde précédemment - Crédits photo : Grand Avignon
Le confortement de l’endiguement de la Durance à Avignon est un projet complexe, qui a été mené dans les délais, grâce à une belle concertation. Il permet de sécuriser 100 000 personnes. Les digues peuvent maintenant supporter 5 000 m3/seconde contre 3 000 m3/seconde précédemment. Et ce projet va plus loin, en embellissant les rives de la Durance. Il va permettre aux habitants du Grand Avignon de se réapproprier cette rivière, de s’y promener et de partager des bons moments, en contact étroit avec la nature.
L'interview
Comment le confortement des digues de la Durance à Avignon s’est-il imposé à l’agenda du Grand Avignon ?
Depuis le 1er janvier 2018, la gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations relève des compétences de l’Agglomération. Le Grand Avignon a en charge la surveillance et le contrôle des ouvrages. La nouvelle réglementation sur les digues de 2015 et la création de la compétence GEMAPI ont conduit le Grand Avignon à définir les systèmes d’endiguement, les zones protégées et les niveaux de protection.
Sur ces digues de la Durance, plusieurs secteurs étaient identifiés pour des problématiques d’érosion nécessitant des travaux de confortement afin d’atteindre la protection centennale. Une rénovation du système d’endiguement s’avérait indispensable. Ce projet avait pour objectif d’augmenter notablement le niveau de sécurité pour les habitants et les personnes qui travaillent dans ce secteur.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Yvan Bourelly : Nous nous sommes basés sur la réglementation relative aux digues. Les équipes du Grand Avignon ont mené un travail majeur pour dimensionner le projet de confortement des digues.
Nous nous sommes appuyés sur l’expertise très poussée du Syndicat Mixte d'Aménagement de la Vallée de la Durance, qui possède une grande maîtrise de ces sujets. La Durance est une rivière complexe. Son lit se déplace beaucoup, transportant des matériaux et générant des méandres.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Yvan Bourelly : Oui. Nous avons ainsi mené une étude hydraulique, une étude de danger pour le classement du système d’endiguement, une étude d’impact environnemental incluant un dossier de dérogation pour les espèces protégées, notamment les castors, les chauves-souris, les anguilles… Nous avons aussi déposé un dossier de déclaration d’utilité publique et réalisé une analyse coûts/bénéfices.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?
Béatrice Marti : Avant de se lancer dans un tel chantier de rénovation, il est essentiel de maîtriser la réglementation sur les digues, l’hydraulique, les aspects environnementaux et techniques, incluant la géotechnique et le génie civil. Ce sont des sujets sur lesquels les experts du Grand Avignon et du SMAVD ont travaillé.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Yvan Bourelly : Dans un contexte marqué par la pandémie Covid-19, le Programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) Durance a fait l’objet d’une concertation en ligne. Le dossier d’autorisation du barrage a fait l’objet d’une enquête publique. Les acquisitions foncières ont été négociées à l’amiable, ce qui a permis de gagner du temps.
La population est bien consciente de l’enjeu que représente le confortement du système d’endiguement, pour éviter les inondations. Les volets agricoles et paysagers ont également été pris en considération. Le confortement de l’endiguement est nécessaire au développement de la zone d’activités économiques de La Courtine.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Yvan Bourelly : Le coût final du projet s’est élevé à 4,6 millions d’euros. Nous avons eu de bonnes surprises lors de l’appel d’offres, puisque nous étions partis sur un budget initial de 6 millions d’euros. Nous avons fait le choix de travailler avec des entreprises locales comme le groupement Midi Travaux de Cavaillon et l’entreprise Buesa à Roquemaure-du-Gard.
Dans le cadre du Papi Durance, nous avons obtenu 40 % de financement de la part de l’État et 20 % du département du Vaucluse. 40 % du budget a été financé directement par le Grand Avignon.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné le Grand Avignon dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Yvan Bourelly : Le Grand Avignon a pu s’appuyer sur différents partenaires, pour la réalisation de ce chantier important :
- le Syndicat Mixte d'Aménagement de la Vallée de la Durance, qui s’est beaucoup investi dans ce projet et l’a intégralement porté ;
- les services de l’État : DDT et DREAL ;
- les partenaires financiers, État et département du Vaucluse ;
- la Compagnie nationale du Rhône, qui gère la digue située au niveau de la confluence avec le Rhône.