PRéVENTION DES INONDATIONS

Création d’un bassin tampon de 100 m3 pour prévenir les inondations à Saint-Thomas (02)

Niveau d'expertise : intermédiaire

Saint-Thomas, commune de moins de 100 habitants, a fait face à d’importantes inondations et coulées de boue lors des dernières décennies.

Situé au pied d’une colline, le village subit un important ruissellement lors des épisodes de fortes précipitations. Faisant partie du sous bassin versant du ru de Fayau, Saint-Thomas a été associée aux communes voisines, dont Aizelles pour appréhender la gestion des inondations de manière globale.

Bassins de rétention, renaturation et recalibrage du ruisseau de Fayau, aménagements d’hydraulique douce… Après concertation, l'ensemble du programme a été retenu.

Ces sujets sont complexes pour les petites communes, le soutien d’instances compétentes lors de la phase de concertation est indispensable.

Hervé Girard

L'interview

Pour quelles raisons ce projet de bassin de rétention s’est-il imposé à l’agenda de votre commune ?

Très rapidement après les 4 forts épisodes d’inondations et les 4 déclarations de Catastrophe Naturelle, il fallait pouvoir prendre en charge le problème. En tant qu’élu placé au cœur de ce type de problématique, une réflexion autour des projets d’aménagements s’imposait.

L’eau qui ruisselle, qui rentre dans les maisons, les coulées de boue, on ne peut pas rester sans rien faire. Les citoyens touchés par les dégâts exigeaient des solutions.

En 2001, une démarche a été lancée collectivement avec les communes voisines. L’étude de faisabilité menée en 2003 par le cabinet Émergence a mis en avant la position du village au pied de cette colline et la nécessité de construire un bassin de rétention à Saint-Thomas.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Le pragmatisme ! Nous nous sommes appuyés sur les recommandations de nos partenaires. La DDE, la DDT, la Chambre d’Agriculture, l’Entente Oise-Aisne, nous avons écouté et suivi les conseils.

En tant qu’élu d’une petite commune comme Saint-Thomas, nous n’avons pas la connaissance ni la compétence pour décider de ce qui sera efficace ou non. Pendant le projet, la délégation a été totale mais la concertation toujours présente. C’est indispensable.

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

En 2011, l’Entente Oise-Aisne en collaboration avec la Chambre d’agriculture a missionné le bureau d’études ANTÉA pour proposer des scénarios d’aménagements. Le bassin de Saint-Thomas a fait l’objet d’une étude d’avant projet entre 2014 et 2015. Des reconnaissances géotechniques ont été faites. Le bassin n’a pas été soumis à une étude d’impact.

Quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?

Différentes compétences techniques ont été déléguées : les approches en hydrologie, en hydraulique douce, en aménagements de Voiries et Réseaux Divers et en géotechnique.

Pour la commune, la principale compétence exercée consistait en la maîtrise foncière. Le projet a nécessité l’achat d’un terrain sous procédure d’acquisition de biens sans maître. Trois années de procédure qui ont abouti en 2022.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement et l’adhésion des citoyens ?

Le projet a été dimensionné par l’étude d’avant-projet, selon une analyse hydrologique (débit arrivant du bassin versant), la topographie du site et l’emprise foncière disponible. C’est le bureau d’étude ANTÉA qui a mené toute la phase d’étude, pendant cette période la commune a été consultée régulièrement. Dès qu’une avancée était achevée, le conseil municipal de Saint-Thomas relayait les informations.

Comment le projet a-t-il été financé ?

Les études et travaux ont été portés par l’Entente Oise-Aisne, syndicat mixte chargé de la prévention du risque d’inondation.

Pour l’étude d’avant-projet et les sondages géotechniques, l’Entente Oise-Aisne a perçu 80% de subvention via le Plan Seine (contrat permettant d’obtenir des financements État-Région-FEDER bassin). Les travaux ont été financés à 100% par l’Entente Oise-Aisne. La commune de Saint-Thomas a financé la maîtrise foncière du terrain d’emprise.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagné dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Le cabinet d’études ANTÉA, le syndicat mixte Entente Oise-Aisne, la DDT de l’Aisne et la Chambre d’Agriculture de l’Aisne.

Le projet en détails

Dates clés

  1. 2001

    Lancement d’une étude hydraulique douce par le cabinet Émergence

  2. 2003 - 2005

    Mise en place des solutions données par le cabinet et blocage

  3. 2014-2015

    Étude d’avant-projet et sondages géotechniques

  4. 2023

    Réalisation des travaux et livraison du bassin de rétention

Chiffres clés

  • 100

    m<sup>3</sup>, la capacité de rétention du bassin tampon

  • 11 000

    € TTC de coût des études

  • 45 000

    € TTC de coût des travaux

À retenir

  • L’ouvrage en lui-même. 100 m3 de rétention, ça peut paraître peu mais c’est le dimensionnement suffisant pour la commune.

  • La satisfaction d’avoir mené ce projet à son terme. Il fallait répondre sur le terrain aux risques d’inondation, c’est chose faite

  • Le temps du projet. La première étude date de 2001 et le début des travaux de 2023. C’est long mais grâce à l’implication et la ténacité de chaque acteur, l’aménagement a pu être réalisé. Egalement, des difficultés pour la maîtrise foncière.

Les partenaires du projet

  • Agence de l’eau Seine-Normandie

  • Entente Oise-Aisne

  • Chambre d'agriculture de l'Aisne

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