Gardouch (31) se dote d’une microstation vorteX-io pour monitorer le Gardijol
Dérivée des technologies du spatial, la microstation hydrologique de vorteX-io s’installe sous les ponts pour monitorer en continu un cours d’eau.
Cette solution, proposée sous forme d’abonnement aux données, permet aux collectivités de réduire de 30 à 50% les coûts de déploiement tout en bénéficiant d’un service complet, autonome et en temps réel.
La commune de Gardouch, touchée par une inondation d’ampleur en 2018, a adopté cette solution pour mieux anticiper les crues du Gardijol.
Grâce aux seuils d’alerte configurables, les élus disposent désormais d’un outil d’aide à la décision pour renforcer la sécurité des habitants.





Entretien avec Guillaume Valladeau, CEO de vorteX-io
Ce projet est présenté par :
- Guillaume Valladeau, CEO de vorteX-io
Parole d'entreprise
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Pouvez-vous nous décrire le projet de Vortex-IO ?
VorteX-io a développé une station de surveillance hydrologique, inspirée du domaine du spatial dont je suis issu, qui s’installe sur toute infrastructure située au-dessus d’un cours d’eau. Cette solution collecte en temps réel des paramètres hydrométéorologiques, tant sur la quantité que sur la qualité de l’eau. Nous avons aussi développé des services à partir de ces paramètres collectés, au profit de nos clients qui sont majoritairement des clients publics : communes, intercommunalités, agences de l’eau, syndicats de bassins versants, EPTB, ministères. VorteX-io a créé un modèle économique de type abonnement à de la donnée, affranchi du déploiement du capteur lui-même, dont le coût est supporté par la société. Ce modèle permet une économie de 30 à 50% de coûts sur le déploiement de leurs solutions sur leur territoire. C’est ce qu’a choisi de mettre en place la commune de Gardouch.
Comment la collectivité de Gardouch en Haute-Garonne s’est adressée à vous ?
Le 16 juillet 2018, une vague de boue inondait le village de Gardouch près de Toulouse, suite à la crue du Gardijol. Plus de 70 maisons et logements collectifs étaient gravement sinistrés. A la demande des riverains réunis en collectif AquaViva Gardouch, le maire, dont l’une des prérogatives est d’assurer la sécurité de ses administrés, a pris l’engagement de mieux prévenir le risque inondation. Il s’est mis en quête d’une solution afin d’éviter qu’un tel épisode ne se reproduise et vortex-IO est venu le rencontrer pour lui présenter sa solution. C’était alors le début de l’aventure vortex-IO mais dès notre première année d’existence, la municipalité s’est dotée de notre solution. Six ans plus tard, la commune en est toujours cliente.
Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne votre solution dans ce type de projet ? Quelle est la proposition de valeur de votre solution pour une collectivité ?
Notre service propose la fourniture de données de surveillance d’un cours d’eau en temps réel. Elle est adossée à l’installation d’une microstation vorteX -io, équipée de capteurs hérités du spatial sous label technologique du CNES. Cette solution de télédétection pèse 800 grammes, elle est auto-alimentée par un panneau solaire et accompagnée d’une transmission GSM des données. À Gardouch, une microstation de ce type a été installée par nos équipes en amont du village, et fournit des mesures hydrologiques en temps réel. Ici, les données d’intérêt sont celles de la hauteur de l’eau de la rivière Gardijol. La microstation réalise une mesure toutes les heures en temps normal, mais peut s’étendre à tous les quarts d’heure voire toutes les 5 minutes en période de vigilance risque inondation. Ces données sont transmises via l’application vorteX-io dont l’interface affiche une série temporelle de l’évolution du cours d’eau : hauteur, images… La collectivité cliente peut renseigner des seuils de notifications en cas de dépassement de certaines hauteurs afin que le maire puisse s’organiser et déclencher les mesures nécessaires à la sûreté des personnes et des biens.
La station peut aussi produire des images, ce qui est très intéressant pour les communes qui emploient des techniciens de rivières. Généralement, ces professionnels ont une solide connaissance de leur cours d’eau. Ils apprécient pouvoir associer les mesures techniques à la visualisation de ce qu’il se passe sur le cours d’eau.
Comment expliquez-vous votre solution et la valeur qu’elle apporte à un profane de Gardouch ?
VorteX-io vise à monitorer les petits cours d’eau qui ne sont pas surveillés en temps réel et qui, la plupart du temps sont plutôt à sec et peuvent sous l’effet d’épisodes de pluies intenses, sortir de leur lit et inonder fortement leur territoire. Notre objectif est de démocratiser la donnée hydrologique. A l’instar de la météo atmosphérique, de la météo des plages, des neiges, nous voulons créér la « météo des cours d’eau ».
Quels sont les principaux prérequis à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?
Les communes qui souscrivent à l’offre vorteX-io ont pour point commun d’avoir toutes vécu un ou plusieurs épisodes d’inondation. Contrairement à ce que nous pensions de manière très candide, celles qui n’ont jamais été touchées se soucient très peu de leurs cours d’eau. Donc, pour les autres, cet événement déclencheur –une inondation– leur fait prendre conscience de la nécessité de prévenir un nouvel épisode. La grande force de notre solution c’est qu’elle est proposée clé en main. De l’installation de la micro-station jusqu’à la fourniture des données ou des services de notifications en temps réel, le client, qu’il soit expert ou non, comprend aisément le type d’informations qu’on lui fournit. Nul besoin d’envoyer un technicien de rivière faire des mesures en continu, parfois même risquées si le flux devient trop fort : nous nous chargeons de tout. C’est une solution qui les rassure, qui protège tout le monde sans que les communes aient besoin ni d’investir beaucoup, ni de former du personnel. Et cerise sur le gâteau, nous avons tout digitalisé depuis la supervision jusqu’à la maintenance. En interne, nous disposons d’un centre de contrôle qui monitore les paramètres vitaux de chaque microstation et son état. Ainsi, nous savons dire si telle ou telle a besoin d’être nettoyée, remplacée ou mise à jour. La phase la plus longue chez nous, en amont de l’installation, est liée à l’obtention des autorisations d’installations sur les ponts qui, pour la plupart, sont propriété de l’État, via les Conseil départementaux. Une phase qui peut prendre jusqu’à quatre mois.
Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à une collectivité qui souhaiterait réaliser ce type de projet ?
Si l’on reste concentré sur le risque inondation (mais on pourrait faire le pendant sur le risque sécheresse ou sur la gestion et l’optimisation de la ressource en eau en général), les actions mises en œuvre dans les petites communes et les grandes métropoles ne sont pas identiques. Pour les plus petites qui sont exposées aux conséquences du changement climatique (sécheresse / inondation) et qui ont de plus petits budgets pour y faire face, notre solution leur est particulièrement adaptée parce qu’elle est 5 à 10 fois moins chère que celles proposées sur le marché. Quand on l’installe sur le terrain, on appuie sur un bouton pour déclencher la phase de calibrage, de vérification, d’envoi des premières données et en 15 minutes environ, le service est immédiatement opérationnel. Autre avantage, la mise en œuvre d’une solution de prévention permet aux communes de négocier les contrats avec les compagnies d’assurance pour continuer à être couvertes, ce qui est un enjeu fort aujourd’hui en France. Enfin, plus tôt on l’installe, plus la commune est en mesure de capitaliser sur la donnée et de se projeter sur l’évolution du cours d’eau dans le temps, ce qu’on appelle la climatologie de l’eau.
Avez-vous des résultats concrets à fournir sur le projet ?
Chaque année, nous réalisons un bilan du suivi de la ressource en eau, sur le Gardijol, pour la commune de Gardouch. Au fil des mois puis des années, des tendances se dessinent qui permettent de mieux comprendre le comportement de la rivière. En fonction des précipitations, de leur intensité, de leur orientation, on apprend son fonctionnement puisqu’il y a une question de mécanique : les mêmes causes produisent les mêmes effets. D’autres crues ont eu lieu depuis la mise en place de la microstation –presque une chaque année– mais fort heureusement pas aussi impactantes que celle de 2018 qui était en partie liée à une problématique d’entretien du cours d’eau. La dernière date de janvier 2025 et a mobilisé les services techniques de Gardouch. Trois niveaux de vigilance ont été définis. Lorsque le premier est activé, le maire est avisé par SMS. Pour le deuxième, le maire et ses élus se réunissent pour surveiller en temps réel l’évolution du Gardijol et prendre les mesures adéquates. Si le troisième seuil est dépassé, la mairie sonne l’alarme et le protocole inondation est déclenché. Quoiqu’il en soit, les épisodes de crues qui ont eu lieu ces derniers hivers ont été bien maîtrisés et n’ont érodé la confiance ni des administrés, ni de l’équipe municipale.
Plus largement, quelle est l’actualité de votre société sur la thématique des projets eau ?
VorteX-io a enchaîné de beaux succès. En 2023, nous avons été lauréat du programme européen EIC Accelerator dont l’ambition est de jouer un rôle de catalyseur pour attirer les investisseurs privés vers des entreprises à fort potentiel. Soutenu par la Commission Européenne, il distingue seulement 3% des projets les plus ambitieux en Europe. Grâce à ce soutien financier, nous avons pu lancer un projet de R&D pour développer notre modèle prédictif de crues. Il sera commercialisé début 2026. Dans cet élan, nous avons bouclé notre première levée de fonds l’année dernière, ce qui va booster notre visibilité sur les territoires et asseoir la valeur ajoutée de notre solution visant à une meilleure résilience partout. Grâce à nos partenaires financiers, de start-up nous sommes aujourd’hui une entreprise établie de 40 collaborateurs, avec de belles perspectives. Un tiers de nos équipes est concentré sur le traitement de la donnée, avec un profil de data scientist. Un autre tiers est en charge des activités commerciales et marketing et le dernier, des fonctions support à caractère administratif parce que nous l’avons évoqué, un grand nombre de démarches occupent notre quotidien.
D’après votre expérience, quelle est la durée moyenne de ce type de projet ?
Une fois que la collectivité donne son feu vert, la mise en place de la solution est ultra-rapide, je l’ai dit. VorteX-io s’occupe de tout y compris de la maintenance de la microstation donc c’est un projet très durable et sans surprise.
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Le projet en détails
Dates clés
16 juillet 2018
17 décembre 2020
mars 2023
Chiffres clés
130
800
À retenir
Une municipalité très réactive qui a contractualisé très vite
Un maire, Olivier Guerra, qui est devenu le premier ambassadeur de la solution VorteX-io sur son territoire
Ressources
Installation d’une micro-station innovante pour prévenir les inondations
UNALCI - France Inondations
Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet
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collaborateurs
année de création
Données de contact
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