La sécurisation des digues de la vallée de l’Aude (11) : un projet au cœur de la prévention des inondations
Le projet de confortement des digues et déversoirs de la vallée de l’Aude a été lancé pour répondre aux risques majeurs d’inondations, révélés notamment par les événements catastrophiques de 1999.
Porté par le Syndicat Mixte SMDA, ce projet de 5,6 millions d’euros vise à renforcer 8 km d’ouvrages et à protéger 6 000 habitants ainsi que 100 km² de terres agricoles et résidentielles.
Financé par l’État (40 %), des fonds européens (20 %), la région Occitanie (19 %) et une taxe locale (20 %), il s’appuie sur des études approfondies et une collaboration interdisciplinaire pour concilier sécurité hydraulique et préservation écologique.





Entretien avec Laurent TRIADOU et Xavier BELLAR

Ce projet est présenté par :
- Xavier BELLAR, Président du Syndicat Mixte du Delta de l’Aude (SMDA)
- Laurent TRIADOU, Directeur du Syndicat Mixte du Delta de l’Aude (SMDA)
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l’eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action
Comment le projet de confortement des digues et des déversoirs sur la base vallée de l’Aude s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
Les inondations dramatiques de 1999 ont révélé l’urgence de sécuriser les infrastructures hydrauliques de la vallée de l’Aude. Ces événements ont causé d’importantes pertes humaines et des dégâts matériels majeurs, mettant en lumière des digues vétustes, mal entretenues et gérées de manière éclatée par divers syndicats et associations locales.
En 2006, la création d’un syndicat mixte unique (SMDA) a instauré une gouvernance centralisée et cohérente. Deux ans plus tard, un diagnostic détaillé a montré que les digues étaient affaiblies par des brèches, des structures instables et une végétation invasive. Le projet, inscrit dès 2008, visait à protéger la population et l’économie locale, tout en intégrant des contraintes environnementales strictes.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Les experts en charge ont étudié des projets similaires, notamment sur le bassin du Vidourle dans le Gard, où des défis hydrauliques et écologiques comparables avaient été relevés. Bien que le site n’ait pas été visité, des retours d’expérience ont permis d’adapter des solutions éprouvées.
Les bureaux d’études et maîtres d’œuvre ont conçu des stratégies spécifiques à la vallée de l’Aude, évaluant chaque option selon sa faisabilité technique, ses coûts et ses impacts environnementaux. Le projet repose ainsi sur un équilibre entre pratiques reconnues et innovations adaptées à notre contexte local.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Dès 2008, un diagnostic initial a identifié les priorités, révélant des problèmes structurels graves : digues instables, brèches récurrentes et impacts de la végétation.
Entre 2008 et 2014, des études environnementales ont analysé les effets sur la biodiversité, mobilisant des écologues pour inventorier la faune et la flore sur le territoire concerné. Ces travaux ont permis d’intégrer des mesures de préservation, comme la replantation d’espèces endémiques.
Pour finir, l’analyse coûts-bénéfices a confirmé la pertinence économique du projet. Par exemple, les 5,6 millions d’euros investis ont été comparés aux millions d’euros de dégâts potentiels évités à chaque inondation.
Concernant les compétences, quelles sont celles à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
La complexité de ce projet a nécessité une expertise multidisciplinaire :
- Hydraulique et génie civil : conception et réalisation des infrastructures.
- Environnement : préservation de la biodiversité et respect des réglementations.
- Négociation foncière : gestion des acquisitions et compensations des terrains privés traversés.
- Coordination administrative : relations avec les services de l’État pour valider les autorisations.
- Concertation publique : sensibilisation et implication des riverains pour garantir l’adhésion.
Le syndicat mixte s’est appuyé sur des experts extérieurs, tels que BRL Ingénierie pour les études hydrauliques et EcoMed pour les analyses écologiques.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Une enquête publique et des réunions locales ont permis de sensibiliser les habitants et les propriétaires fonciers. Ces démarches ont renforcé l’adhésion au projet bien que les moyens de communication ont parfois été limités.
La collectivité envisage d’ailleurs d’aller plus loin avec des groupes de travail participatifs et des ateliers citoyens pour ses prochains projets.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Le projet, estimé à 5,6 millions d’euros, a bénéficié des financements suivants :
- 40 % par l’État
- 20 % par des fonds européens
- 19 % par la région Occitanie
- 1 % par le département de l’Aude.
Les 20 % restants ont été autofinancés par le syndicat mixte via la taxe Gemapi. Aucune aide de l’agence de l’Eau n’a été sollicitée, car elle n’intervient pas sur les projets liés à la protection contre les inondations.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné le syndicat mixte dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Les principaux acteurs incluent :
- Bureaux d’études (BRL Ingénierie)
- Experts écologues pour les études environnementales (EcoMed et BRLi)
- Entreprises de travaux publics (Groupement Lavoye/Cazal/Philip frères)
- Groupe BRL pour la négociation foncière
- Services de l’État pour la validation des études et des autorisations réglementaires
- SMMAR pour l’animation du PAPI Aude (outil pour aller chercher les financements)
Profitez d’une offre de financement des projets en faveur de l’environnement : gestion de l’eau, etc.

Le projet en détails
Dates clés
2008
2008-2014
Janvier 2020 à fin 2021
Chiffres clés
5,6
8
6 000
Résultats
100 km2 de surface totale impactée positivement par l’opération (agriculture et habitat isolés)
90% du réseau de digues protégée par l'opération
À retenir
Sécurisation de 90 % du réseau de digues, garantissant une meilleure protection des zones à risque.
Réutilisation de 85 % des matériaux extraits, réduisant les coûts et l’impact environnemental ; collaboration efficace avec des entreprises locales et insertion professionnelle.
Coordination complexe entre les différents acteurs, notamment lors des abattages d’arbres. Délais incompressibles liés aux procédures réglementaires et environnementales. Sensibilité des riverains face à des interventions visuellement impactantes.
Les partenaires de ce projet

SMMAR
Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet

BRL Ingénierie

EcoMed

Lavoye

Philip frères

Cazal
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