Un diagnostic gratuit pour mesurer le risque inondation des habitations (57)
Le Syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace-Moselle a mené en novembre 2023 l’opération "Pieds au sec" dans la région de Sarreguemines.
Ce service gratuit permet d’évaluer le risque et de protéger les habitations en cas d’inondation.
Après un diagnostic gratuit réalisé à domicile, le SDEA envoie un rapport qui préconise les mesures à prendre et leur coût. Il accompagne le particulier jusqu’à sa demande de subvention pour effectuer les travaux préconisés.
En décembre 2001 la commune de Sarreguemines avait été inondée par une crue de la Sarre - Crédits photo : SDEA
Les gens pensent toujours que cela n’arrive qu’aux autres.
Comment le sujet du diagnostic des habitations situées en zone inondable s’est-il imposé à l’agenda du SDEA ?
Cette action fait partie des Programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI). Depuis 2016, le Syndicat des Eaux et de l’Assainissement Alsace-Moselle porte six PAPI dans le Bas-Rhin et un en Moselle. Dans le cadre de ces PAPI, nous proposons aux propriétaires situés en zone inondable un diagnostic gratuit de leur habitation. Un accompagnement dans le montage du dossier de demande de subventions des travaux préconisés lors du diagnostic est également proposé.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Nous avons regardé des projets similaires réalisés dans d’autres départements, nous avons effectué des recherches sur internet, nous avons pris des contacts avec d’autres collectivités. Puis nous avons monté le projet en interne. Nous avons rédigé de A à Z le rapport que nous proposons aux particuliers à la suite du diagnostic. Nous avons été l’un des premiers services publics des eaux à proposer ce diagnostic en régie.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Aucune étude d’impact n’a été nécessaire. Chaque année, nous choisissons des bassins versants différents et nous ciblons des communes. Nous travaillons en partenariat avec elles en communiquant sur le bulletin communal, sur les réseaux sociaux, etc. Concernant la communauté d’agglomération Sarreguemines Confluences, nous avons distribué notre courrier aux habitants situés en zone inondable dans neuf communes de l’agglomération en novembre 2023.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Il faut avoir une connaissance de l’aléa, c’est-à-dire du risque inondation. Notre document de référence demeure la carte des aléas inondation qui indique la hauteur et la vitesse de l’eau en cas de débordement des cours d’eau. Cette connaissance de base découle généralement des PPRI (Plan de prévention du risque inondation). Mais ce sont des métiers récents pour lesquels il n’existe pas encore de formation spécifique.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
L’adhésion des citoyens passe par la communication. Nous essayons d’être très actifs sur cet aspect. Si la commune adhère au projet cela donne plus de poids à la campagne. Dans l’entête du courrier que l’on distribue, figurent le logo du SDEA, celui de la commune, et l’édile signe le courrier. Dans la mesure du possible, nous essayons de travailler aussi avec les journaux locaux. Il n’est pas rare qu’un journaliste m’accompagne sur un diagnostic.
Comment le SDEA a-t-il financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Ce projet est financé à 50% par le fonds Barnier, à 20% par la Région Grand Est et à 30% par la collectivité territoriale concernée.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné le SDEA dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Les autres acteurs sont la DDT, la DREAL et les collectivités locales.