Un houlographe pour étudier la houle et mieux se prémunir des submersions marines en Baie de Somme (80)
En septembre 2022, le Syndicat Mixte Baie de Somme – Grand Littoral Picard (SMBS-GLP) a installé un houlographe à 15 kilomètres au large de la baie de Somme. L’appareil mesure en temps réel la houle, mouvements à la surface de la mer qui se propagent et se déforment en arrivant sur la côte pour déferler.
Engendrée par le vent, la houle est d’autant plus dangereuse en cas de tempête. En la mesurant en temps réel, le houlographe permet d’anticiper les tempêtes et les éventuelles submersions marines.
L’analyse de la houle facilite également le bon dimensionnement des ouvrages de protection à envisager.
Pour se protéger, le littoral picard mesure sa houle en temps réel – Crédits photo : SMBS-GLP
Avec toutes ces connaissances accumulées, nous pourrons mener des actions de protection plus efficaces.
L'interview
Pour quelles raisons l’implantation d’un houlographe s’est-il imposé à l’agenda du Syndicat mixte Baie de Somme–Grand Littoral Picard ?
Le houlographe fait partie des actions du PAPI Bresle-Somme-Authie (programme d'actions et de prévention des inondations) initié en 2016. La baie de Somme est particulièrement vulnérable aux inondations. Le PAPI vise à protéger les habitants et les infrastructures. Responsable de la mise en œuvre des différents projets liés au PAPI, le Syndicat Mixte Baie de Somme-Grand Littoral Picard avait besoin d’installer un houlographe pour acquérir des données précises sur la houle et les tempêtes. Jusqu’alors, il devait s’appuyer sur ceux de Dieppe et de Boulogne-sur-Mer, ce n’était pas assez précis. Récolter des données très localisées sur les événements de tempête permet de mieux dimensionner les ouvrages à mettre en place pour se protéger des submersions marines. Le houlographe est un outil au service des actions de gestion et de surveillance du littoral.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
En France, il existe un réseau de houlographes, nommé Candhis (Centre d’Archivage National des Données de Houle In Situ). L’ensemble des données collectées par ce réseau sont centralisées et gérées par le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement). Les données sont traitées de façon similaire et elles sont publiques, le Syndicat Mixte connaissait le fonctionnement de l’outil et ce qu’il pouvait apporter au territoire. Tous les houlographes fonctionnent de la même façon, tout citoyen peut d’ailleurs consulter en temps réel la hauteur des vagues.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Oui, une étude de faisabilité a été réalisée par le Cerema. Elle portait avant tout sur la définition du matériel, la caractérisation du site de mesure et la liste des procédures réglementaires.
Comment le projet a-t-il été financé ?
Cette action du PAPI est financée par l’État, le Département de la Somme et les Communautés de Communes du Ponthieu Marquenterre (CCPM), des Villes Sœurs (CCVS) et la Communauté d’Agglomération de la Baie de Somme (CABS).
Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagné dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Nous avons signé une convention avec le Cerema pour mettre en place le houlographe car c’est lui qui a toute l’expertise technique et qui s’occupe des autres houlographes en France. Le SMBS-GLP a également noué des partenariats avec les Phares et Balises, la Marine Nationale et la SNSM pour réaliser l’entretien et la maintenance technique.