Construction d’une station de déferrisation à Pouvrai (61)
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l'eau sur votre territoire, Aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action
Le SAEP Dollon Perche Sarthois a entrepris la construction d’une station de déferrisation en 2022 pour bénéficier de deux nouveaux forages dont l’eau nécessitait un traitement.
Ces travaux ont permis de sécuriser la production et distribution d’eau potable dont le SAEP Dollon Perche Sarthois possède la compétence. Le projet de plus d’1 M d’euros a bénéficié des aides de financements de l’Agence de l’eau. Aujourd’hui, le syndicat se félicite de l’amélioration de la qualité de l’eau distribuée ainsi que de l’augmentation du rendement.
Le fer dans l’eau se traite beaucoup plus facilement que les pesticides ou les nitrates. – Crédit photo : SAEP
Sur ce nouveau forage, nous avons privilégié la profondeur (jusqu’à 47 mètres) pour garantir une meilleure qualité de l’eau.
L'interview
Comment ce projet s’est-il imposé à l’agenda de votre syndicat ?
Le syndicat actuel (SAEP Dollon Perche Sarthois) est né de la fusion de celui du Vairais et celui du Perche Sarthois, en 2015.
Ce projet de station était antérieur à la fusion. Il a été conçu pour améliorer la qualité et la quantité de l’eau distribuée. En effet, les deux forages préexistants étaient exploités avec une qualité de l’eau dégradée par rapport au pesticides et aux nitrates. En cherchant de nouveaux lieux de forage, le SAEP du Vairais a trouvé un terrain avec un potentiel de deux nouveaux captages. Ceux-ci avaient un taux de fer supérieur à la norme mais une capacité de production de près de 100m3/heure. D’où le besoin d’une unité de déferrisation.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies ?
La fusion de 2014 nous a permis de mettre en commun nos expériences. Le syndicat du Perche Sarthois avait déjà construit une station de déferrisation sur son territoire, dont nous avons pu nous inspirer. Quant au syndicat du Vairais, il avait déjà un Schéma directeur en cours. Et puis nous nous sommes entourés de professionnels qualifiés : des bureaux d’études privés, un hydrogéologue et nous avons reçu l’aide du Département.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Une étude a été effectuée au préalable. Nous avons lancé une étude de recherche avec un hydrogéologue, avec des sondages au niveau de la nappe. Après une analyse d’eau brute et un test de débit, nous avons acquis le terrain. Les forages préexistants avaient une profondeur de 16 mètres. L’eau ne contenait pas de fer, en surface, mais cette superficialité rendait l'eau très vulnérable à la pollution agricole. Sur ce nouveau forage, nous sommes allés jusqu’à 47 mètres, ce qui explique la teneur en fer qui est plus importante avec la profondeur, mais aussi une meilleure qualité de l’eau. Et il faut savoir que le fer se traite beaucoup plus facilement que les pesticides ou les nitrates.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Nous nous sommes fait aider par des bureaux de maîtrise d’œuvre privée, mais nous avons aussi la chance d’avoir aussi quelques compétences en interne grâce à la réunion de nos syndicats respectifs.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Il y a eu une communication avec les services de l'État lorsque nous avons inauguré le site et la population a été informée à cette occasion.
Comment le syndicat a-t-il financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Pour la station, nous avons reçu des aides de l’Agence de l’eau (320 000 euros), et avons financé par emprunt auprès de la Caisse d’épargne (680 000 euros pour tous nos projets de l’année), ainsi qu’avec un apport du Conseil général de 180 620 euros.