Construction d’une usine d’eau potable à Fougères (35)
Le Syndicat Eau du Pays de Fougères (35) a démarré en 2024 la construction d’une nouvelle usine de production d’eau potable.
Elle vient sécuriser l’approvisionnement en eau potable, en substitution des deux usines existantes, conformément au schéma d’approvisionnement en eau potable de l’Ille-et-Vilaine. Elle peut assurer jusqu’à 2/3 des besoins en eau sur le périmètre de la collectivité et est conçue pour consommer moins d’énergie et d’eau de service.
Le chantier de 21,7 M€ HT bénéficie d’un Aquaprêt de la Banque des Territoires à hauteur de 88 % du budget.
Projection de l’intégration paysagère de l’usine. – Crédits photo : Eau du pays de Fougères
Il s’agit d’améliorer à la fois les process (traitement des pesticides notamment) et la capacité à produire (avec des équipements plus économes en énergie).
Comment le sujet de la construction d’une usine d’eau potable s’est‐il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
Le département d’Ille-et-Vilaine dispose d’un schéma de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable depuis une trentaine d’années. Précédemment les orientations du schéma portaient sur les interconnexions ; ces dernières années la rénovation et la reconstruction sont au cœur des préoccupations. Il s’agit d’améliorer à la fois les process (traitement des pesticides notamment) et la capacité à produire (avec des équipements plus économes en énergie).
Le schéma départemental recense les usines sans lesquelles la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable n’est pas assurée. Dans son édition de 2016, le schéma pointe les deux usines historiques de Fougères : celle de Fontaine-La Chèze et celle des Urbanistes. Après une étude de modernisation sur les deux usines actuelles, nous avons décidé de créer une nouvelle usine (en remplacement des deux existantes) pour moderniser et sécuriser l’approvisionnement. La nouvelle usine est alimentée par deux ressources : la rivière du Nançon et les drains de la forêt de Fougères.
Le Syndicat Eau du Pays de Fougères est maître d’ouvrage de cette nouvelle usine.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Nous avons visité des usines voisines : l’une à la Mézière-sur-Couesnon (35) gérée par Eau du Bassin rennais et une autre à Avranches (50) gérée par le Syndicat de Mutualisation de l’Eau potable du Granvillais et de l’Avranchin (SMPGA). Cela nous a permis de nous orienter vers un projet économe en énergie et en eau de service (l’eau utilisée pour nettoyer les équipements de l’usine) et de travailler avec des partenaires expérimentés.
Est‐ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Nous avons réalisé un avant-projet, avec plusieurs hypothèses, dont celle de la réhabilitation des usines existantes. Le projet tel qu’il est aujourd’hui s’est imposé assez rapidement. La consommation d’eau progresse peu sur le territoire, donc nous n’avons pas eu besoin de faire de projections complexes. Nous n’avons pas fait d’étude d’impact.
Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Les deux usines existantes sont gérées en régie, c’est le cas aussi pour la nouvelle : nous avons de nombreuses compétences en interne. En plus de l’équipe technique d’Eau du Pays de Fougères, le Syndicat mixte de Gestion de l’Eau d’Ille-et-Vilaine (SMG Eau 35) dispose depuis 2014 d’une équipe technique, compétente pour conseiller les élus. Le SMG Eau 35 a été associé à toutes les phases de décision sur le projet. Il peut jouer un rôle de centre de ressources ; par exemple l’hydrogéologue du SMG Eau 35 vient en appui sur les projets pour lesquels sa compétence est pertinente.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a‐t‐elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Nous avons dimensionné l’usine en fonction de la ressource : 500 m3 / heure, soit 2/3 de la consommation du territoire. Nous avons choisi cette capacité en fonction de la production et des autorisations actuelles, ainsi que des besoins actuels, qui devraient peu évoluer. En effet la population augmente peu et nous visons une baisse de 10% de consommation tant chez les particuliers que chez les industriels, via des économies d’eau, encouragées par une démarche de sensibilisation et un travail avec la Chambre d’Agriculture et la Chambre de Commerce et d’Industrie.
Comment la collectivité a‐t‐elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Le chantier a un coût total de 21,7 M€ HT, incluant la construction d’un réservoir d’eau potable (2 800 m3 de stockage d’eau) pour 1 M€ HT, le dévoiement des réseaux pour 1,8 M€ HT (nécessaire pour qu’ils se dirigent vers la nouvelle usine) et la réhabilitation de plusieurs réservoirs de tête de réseau, c’est-à-dire des châteaux d’eau. 19 M€ HT proviennent d’un Aquaprêt de la Banque des Territoires (soit 88 % du projet) ; le reste correspond à un prêt du Crédit Agricole et à de l’auto-financement.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la collectivité dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Le maître d’œuvre sélectionné est le bureau d’études SAFEGE.
Ligne DAU, architecte, a élaboré l’intégration paysagère du projet. Suez Degrémont est en charge des équipements de potabilisation. Pinto GC, un acteur local, a la charge du génie civil et Sotrav du terrassement.
Ce sont des équipes actives à l’échelle nationale qui avaient travaillé précédemment sur d’autres usines de potabilisation.