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Feu fixé : définition, questions et sources d'informations

  • Défense extérieure contre l'incendie

Définition du terme Feu fixé

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Quand les pompiers déclarent qu’un feu est « fixé », ils signifient que l’incendie ne progresse plus. Les flammes ont cessé de se propager, les zones menacées sont désormais protégées. Le feu reste actif à l’intérieur de son périmètre, mais il ne déborde plus. Ce terme marque un tournant dans la gestion d’un sinistre : les moyens engagés peuvent se concentrer sur la surveillance et la consolidation plutôt que sur l’attaque frontale.

Dans la pratique, cette stabilisation résulte d’un travail de fourmi. Les équipes ont souvent dû tracer des coupures de combustible à l’aide de bulldozers, créer des zones pare-feu, positionner des lances sur les points chauds les plus menaçants, ou larguer des produits retardants par voie aérienne. Parfois, les conditions météo donnent un coup de pouce inespéré : une pluie soudaine ou un vent qui tourne suffit à bloquer l’élan du brasier. Mais le plus souvent, le « feu fixé » est le fruit d’une stratégie défensive calculée, exécutée au sol, mètre par mètre.

Fixer un feu ne veut pas dire l’éteindre. À ce stade, la végétation peut encore couver en profondeur. Les racines brûlent, les troncs fument, les braises continuent de chauffer sous la cendre. Les équipes entament alors la phase dite de « noyage » : elles arrosent les lisières, creusent pour débusquer les foyers résiduels, étendent les tuyaux jusque dans les pentes inaccessibles. Le moindre souffle d’air, le moindre écart de vigilance peut rallumer l’incendie. C’est pourquoi les pompiers installent souvent des guets fixes et des patrouilles mobiles sur les zones sensibles, parfois durant plusieurs jours.

Sur le terrain, la qualification « feu fixé » est donc une reconnaissance d’étape. Elle permet de passer d’un mode d’urgence à un mode de surveillance active. Les élus locaux peuvent communiquer une forme d’apaisement sans donner de faux espoirs. Le préfet, lui, ajuste le dispositif : certains moyens partent, d’autres restent en veille. À titre d’exemple, lors des incendies de forêt dans les Landes en 2022, les autorités ont mis plus de 48 heures entre l’annonce d’un feu fixé et celle d’un feu éteint, tant les reprises étaient fréquentes dans les litières d’aiguilles de pin.

Dans les outils de suivi cartographique utilisés par les SDIS (services départementaux d’incendie et de secours), l’évolution de l’incendie se traduit par un changement de statut : de « feu non maîtrisé » à « feu fixé », puis à « feu éteint ». Ces jalons servent à partager une lecture commune de la situation, aussi bien avec les agents de terrain qu’avec les décideurs territoriaux. L’annonce d’un feu fixé n’a rien d’anecdotique : elle marque la bascule d’un rapport de force. Le feu n’a pas disparu, mais il a perdu l’initiative.

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