Les principaux défis de la gouvernance de l'eau en France se concentrent autour de plusieurs enjeux interconnectés, révélant des tensions entre préservation écologique, équité territoriale et contraintes économiques :
Gouvernance multi-niveaux
La réforme de la gouvernance oscille entre deux scénarios : une décentralisation poussée (régions/euro-régions) ou une coordination renforcée par l'État pour atténuer les inégalités. Les syndicats intercommunaux émergent comme acteurs clés, mais leur professionnalisation reste à consolider.
Conflits d’usages
Les besoins en eau augmentent avec la population et l’activité économique, ce qui génère des tensions entre les usages agricoles, industriels, domestiques et environnementaux.
Adaptation et impact du changement climatique
Les projections hydroclimatiques (Explore2) montrent une réduction de 14 % de la ressource en eau renouvelable d'ici 2100, nécessitant des stratégies d'adaptation locales via les SDAGE et PCAET. Les agences de bassin ont élaboré des plans d'adaptation, mais leur mise en œuvre reste limitée par les moyens financiers.
La gestion des sécheresses et des inondations devient une priorité, exigeant des réponses rapides et efficaces à des phénomènes imprévisibles.
Financements et infrastructures vieillissantes
Les réseaux d'eau potable et d'assainissement ruraux souffrent de fuites massives et de normes sanitaires obsolètes, nécessitant une modernisation estimée à 15 milliards d'euros sur cinq ans. Les Agences de l'eau recentrent leurs financements sur le petit cycle (eau potable), au détriment de la protection des milieux aquatiques1. La crise économique limite les investissements publics, poussant à une décentralisation accrue des compétences vers les collectivités.
Les collectivités doivent concilier investissements dans les infrastructures (réseaux, stations d’épuration) et maintien de tarifs accessibles pour les usagers.