Le Tour du Parc (56) investit en permanence dans l’entretien du réseau afin de se prémunir du risque de pollution
Sur la commune du Tour du Parc, en presqu’île de Rhuys (56), les premiers chantiers ostréicoles se sont installés en 1858. Une activité économique historique dont la matière première, l’huître, nécessite une qualité de l’eau parfaite pour sa culture et sa consommation. À cela s’ajoute une activité touristique, avec une multiplication par cinq du nombre d’habitants en période estivale. Aussi, la question de la qualité de l’eau est essentielle. Ses enjeux concernent la santé et l’économie. Le territoire a toujours porté une attention particulière à ses rejets.
Après l’arrivée de l’eau potable dans les années 1960, puis la connexion de la majorité des habitations au tout-à-l’égout en 1997, l’entretien permanent du réseau est devenu vital pour ne pas risquer une pollution du milieu qui entraînerait des conséquences désastreuses pour le territoire. Chaque année, des investissements sont réalisés pour renouveler 1,5 % des linéaires de canalisations des eaux usées ainsi que 1 % des canalisations d’eau potable, et sensibiliser les propriétaires non raccordés à l’assainissement collectif.






Entretien avec François Mousset, Vice-président en charge des finances et de la prospective financière de Golfe du Morbihan - Vannes Agglomération et maire de la commune du Tour du Parc

Ce projet est présenté par :
- François Mousset, Vice-président en charge des finances et de la prospective financière de Golfe du Morbihan – Vannes Agglomération et maire de la commune du Tour du Parc
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l’eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action
Comment l’entretien et le renouvellement des canalisations s’est‐il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
La priorité du Tour du Parc, c’est la qualité de l’eau du littoral. L’activité primaire de l’ostréiculture, présente depuis la moitié du XIXe siècle sur la commune, compte 35 entreprises et 110 emplois en équivalent temps plein. C’est un secteur économique majeur. Par ailleurs, l’huître est une sentinelle de l’environnement. C’est pourquoi nous devons avoir une qualité de l’eau irréprochable. Golfe du Morbihan – Vannes Agglomération (GMVA), qui possède la compétence eau potable, eaux usées et eaux pluviales urbaines, a la charge de l’investissement pour contrer les eaux parasites qui pourraient être rejetées dans le milieu et le polluer.
Avant le transfert de compétences de la SIAEP (Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable) de Rhuys à GMVA, la politique d’investissement était déjà forte sur les réseaux d’assainissement collectif. Pour autant, nous observons des crises assez régulièrement, notamment avec la bactérie Escherichia-coli. L’humain, par ses rejets, vient polluer la production d’huîtres, qui par sa consommation le rend malade de nouveau. Un cercle vicieux en somme. C’est pour cela que nous devons être encore meilleurs sur le réseau d’assainissement afin d’éviter les eaux parasites.
Nous intervenons sur plusieurs fronts en même temps : diagnostic, rénovation, installation de cuves tampons. Si la majorité des habitations est connectée au tout-à-l’égout, il reste une quinzaine de maisons éloignées en assainissement non collectif, qui font l’objet de contrôles très rigoureux. De manière générale, le contrôle des rejets au milieu est exemplaire. Mais la difficulté réside dans les infiltrations d’eaux pluviales, par forte montée d’eau lors de grands coefficients de marée et d’importantes pluies. La mauvaise étanchéité des tuyaux permet à cette eau de s’infiltrer dans les réseaux d’eaux usées et génère d’énormes volumes d’eau diluée à traiter, que le système n’a pas toujours la capacité d’absorber. C’est là que peuvent survenir les pollutions.
Notre travail principal consiste donc à étancher au maximum le réseau public, par du chemisage, du remplacement, des réfections de postes de relevage afin de traiter les pollutions du milieu. Nous allons voir également chez les particuliers s’il y a des problèmes d’étanchéité ou des erreurs de branchement. D’autant que sur notre territoire étalé, nous comptons autant de réseau public que de réseau privé. Des investigations sont donc réalisées chaque année. Nous installons également des cuves tampons de plusieurs dizaine de m3 sur la commune afin de stocker ces gros apports lors de fortes pluies, et les rediriger vers la station d’épuration de Kergorange à Sarzeau.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Sur ces sujets, nous essayons d’être véritablement pionniers. Si nous constatons des problèmes sur le territoire, les corrections peuvent mettre des années à aboutir. Ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la santé, l’activité économique, l’ostréiculture, le tourisme, la pêche côtière. Preuve de l’importance primordiale de la qualité de l’eau : l’investissement de GMVA en matière d’eau est supérieur à l’ensemble du budget principal de l’agglomération.
Est‐ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Il s’agit pour nous d’une continuité de la politique du syndicat préexistant qui était déjà dans cette dynamique. La prise de conscience de sécuriser le réseau du Tour du Parc s’est développée avec le tout-à-l’égout en 1997. Dès 2014, j’avais également demandé que le réseau d’eaux usées soit connecté à la station d’épuration de Kergorange à Sarzeau, à boues activées. Dès 2017, cela a permis à notre ancien système de lagunage, calibré pour un certain nombre d’habitants, d’éviter les débordements. Cette stratégie est efficace car elle anticipe le développement de la commune. D’autant que la station d’épuration de Kergorange a vocation à s’agrandir afin d’accueillir toutes les eaux usées de la presqu’île de Rhuys.
Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
L’agglomération GMVA est entourée d’experts, en interne et en externe. Nous faisons appel à des bureaux d’études pour des besoins bien spécifiques. Notamment, le schéma directeur des eaux pluviales est en cours d’élaboration. En interne, les techniciens eau et assainissement sont des agents qui ont été transféré du SIAEP vers GMVA lors de la prise de compétences. Ils sont présents sur le territoire depuis de nombreuses années et ont développé une véritable expertise. Ils maîtrisent les enjeux et ont la connaissance historique du sujet.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a‐t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
La communication auprès des citoyens est permanente de la part de GMVA, notamment par son magazine ou via de la communication directe. Les professionnels de la mer, dont les ostréiculteurs par exemple, sont extrêmement sensibilisés et informés de chaque action lancée. Ils sont également des sources d’informations pour GMVA. Le lien qui s’est tissé entre l’agglomération et les professionnels de la mer est très étroit.
Pour communiquer auprès des propriétaires privés, la question est plus sensible car ils doivent réaliser des investissements dont ils ne voient aucun des effets. Pour autant, c’est une obligation. Des aides peuvent être accordées par GMVA pour la partie diagnostic. Ensuite, les propriétaires doivent solliciter la SAUR, délégataire de ce service, pour engager les travaux dans des délais contraints.
Comment la commune du Tour du Parc a financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
GMVA est le principal financeur de cet entretien des réseaux publics du Tour du Parc, accompagné par l’Agence de l’Eau.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné Le Tour du Parc dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
GMVA est le prestataire de l’ensemble de la réalisation de ce projet. La communication est très fluide avec les équipes, notamment le vice-président Eau et Assainissement, Thierry Eveno. Je suis délégué en soutien au vice-président à l’Eau et l’Assainissement pour la partie Vannes Est, aux côtés de Denis Berthelom, pour la partie Vannes Ouest.
Profitez d’une offre de financement des projets en faveur de l’environnement : gestion de l’eau, etc.

Le projet en détails
Dates clés
1997
2020
Tous les ans
Chiffres clés
1,5
1
Résultats
L’uniformisation de la compétence eau, avec le transfert du SIAEP vers GMVA, nécessite du temps. Mais nous travaillons tous ensemble pour cette réussite.
À retenir
Nous ne relâchons jamais la pression sur la qualité de l’eau. Les canalisations rénovées cette année seront de nouveau à rénover dans 65 ans... C’est un travail sans fin qui demande un cycle d’attention permanent. L’eau est notre « pétrole local ». Si l’eau est de mauvaise qualité, ou s’il n’y a pas d’eau, les conséquences seraient lourdes.
Il n’y a pas de points négatifs à travailler sur la conquête de l’eau. Budgétairement en revanche, cela reste très coûteux.
Ressources
Ouest-France - De lourds investissements pour les eaux usées
Le SIAEP de la presqu'île de Rhuys poursuit ses investissements pour la protection de l'environnement. Et plus particulièrement sur la commune de Le Tour-du-Parc, afin d'y améliorer de la qualité des eaux des zones de production ostréicole.
Les partenaires de ce projet

Golfe du Morbihan - Vannes Agglomération

Agence de l'eau Loire-Bretagne
En savoir plus sur la commune du Tour-du-Parc
habitants (en 2021)
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