Digitalisation du plan de gestion de crise d’Angoulins-sur-Mer (17)
Pour « une gestion optimisée de la crise », la commune littorale d’Angoulins-sur-Mer (Charente-Maritime) fait appel aux services de Numérisk.
Cette entreprise rochelaise propose aux communes et EPCI (Établissement public de coopération intercommunale) de digitaliser leur Plan communal et intercommunaux de sauvegarde (PCIS/PCS), un document obligatoire visant à mieux affronter les situations de crise (canicule, tempête, inondation, attentat, etc.). A travers une interface collaborative accessible en toutes circonstances, élus et agents peuvent ainsi affronter les risques majeurs avec davantage de sérénité.
De la mise à jour du PCS à la réalisation d’exercices de mise en situation en passant par la centralisation des outils, chaque collectivité est accompagnée de façon personnalisée par un référent Numérisk.





Entretien avec Paul Heymes, co-fondateur de Numérisk
Ce projet est présenté par :
- Paul Heymes, co-fondateur de Numérisk
Parole d'entreprise
Afin de compléter votre sourcing opérationnel, aquagir part à la rencontre des entreprises qui ont accompagné vos pairs lors de leur passage à l’action
Pouvez-vous nous décrire le projet de Numérisk ?
Née du retour d’expérience post-Xynthia et des conclusions du Sénat qui ont suivies, Numérisk est un bureau d’études rochelais fondé en 2019, spécialisé dans l’accompagnement des communes et des EPCI face à la préparation et à la gestion des crises. Nous mettons à disposition une plateforme web collaborative qui centralise les informations clés (annuaires, organigrammes, lieux et enjeux sensibles, moyens et documents). C’est un outil unique qui permet de générer à tout moment un PCS/PICS, à jour, exportable en PDF. L’objectif : rendre les plans vivants, accessibles en quelques clics et réellement opérationnels le jour J. C’est tout l’intérêt de la dématérialisation.
Comment la collectivité d’Angoulins-sur-Mer s’est adressée à vous ?
C’est nous qui avons démarché la commune d’Angoulins-sur-Mer lorsque nous avons créé notre bureau d’études, alors que notre solution était encore à l’état expérimental. C’est la première commune de la Communauté d’agglomération de La Rochelle à faire appel à nos services. Le maire de l’époque était fortement sensibilisé à la gestion des risques, et le directeur général des services avait une appétence pour le numérique. Tous deux avaient compris l’intérêt de s’outiller et partageaient la vision de Numérisk sur une gestion de crise modernisée.
Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne votre solution dans ce type de projet ? Quelle est la proposition de valeur de votre solution pour une collectivité ?
Nous proposons trois niveaux de digitalisation — Découverte, Standard et Premium — conçus pour s’adapter au niveau de maturité de la collectivité, à ses moyens organisationnels et à son exposition aux risques. Dès le premier palier, l’information est centralisée, les documents sont numérisés et le volet documentaire simplifié, le tout dans une approche résolument collaborative. Les niveaux suivants ajoutent des outils métiers : cartographie opérationnelle, main courante collaborative, et un accompagnement renforcé avec révision annuelle du PCS, astreinte et assistance. Plus qu’un simple outil, c’est un environnement numérique qui centralise la prévention des risques et intègre des modules d’alerte et de gestion d’astreinte. C’est un véritable “couteau suisse”. Le PCS devient alors accessible partout, depuis n’importe quel appareil, ordinateur ou smartphone, y compris sans connexion Internet.
Comment expliquez-vous votre solution et la valeur qu’elle apporte à un profane de Numérisk ?
Prenons un exemple concret. Imaginons que nous sommes le 25 décembre, une montée des eaux menace Angoulins-sur-Mer, et comme souvent, la crise survient au pire moment : le maire est en vacances à l’autre bout de la France !
Dans cette situation, il peut néanmoins suivre ou piloter cet événement à distance. A défaut, son directeur général des services – déjà en veille car informé de l’évolution du risque – pourra directement accéder au PCS et prévenir très rapidement les secours, les forces de l’ordre, les personnes vulnérables, etc.
C’est là que se situe notre valeur ajoutée. Chaque commune dispose d’un référent Numérisk dédié. Il élabore le plan avec la collectivité la première année puis il assure un suivi client tout au long du contrat. Il y a une connaissance de la collectivité, un accompagnement personnalisé.
Quels sont les principaux prérequis (compétences, connaissances, ressources…) à maîtriser avant de se lancer dans un tel projet ?
Tout d’abord, il faut qu’il y ait une adhésion. Le PCS est une obligation réglementaire mais son efficacité repose sur la volonté des élus à être réellement organisés, et à reconnaître la vulnérabilité de leur territoire. Ce sont eux, avec les agents, qui ont une connaissance fine du terrain, du passif des événements. Leurs compétences viennent naturellement compléter les nôtres.
Concrètement, nous mettons en place un comité de pilotage durant toute la durée de vie de la licence, afin d’inscrire la démarche dans un temps long. Encore faut-il que les représentants des collectivités aient une certaine appétence pour le numérique. S’il y a un côté réfractaire c’est un peu comme nager à contre-courant… Nous misons sur l’intuitivité de notre solution pour lever ces appréhensions, notamment pour les petites communes.
Quels conseils donneriez-vous à une collectivité qui souhaiterait réaliser ce type de projet ?
Dans une collectivité, il est essentiel que plusieurs personnes portent la thématique des risques majeurs. On constitue facilement des groupes de travail sur l’urbanisme ou le tourisme, mais plus rarement pour la gestion des situations d’urgence… alors que le jour J, mieux vaut plusieurs personnes qui savent quoi faire qu’un “détenteur du savoir” isolé. La culture du risque s’érode avec le temps : depuis Xynthia en 2010, deux mandats sont passés, les élus changent, et le savoir peut se perdre. En l’absence d’événements marquants, la sensibilité baisse, et la gestion de crise reste trop souvent le parent pauvre de la prévention. C’est précisément là que notre référent Numérisk apporte une vraie continuité de transmission. Et pour combler ces lacunes, nous avons créé Numérisk Community et Numérisk Academy : des espaces de partage et de formation, avec des webinaires ciblés par thématique et par niveau de licence. Parce que la culture du risque ne s’arrête pas à l’approbation d’un PCS/PICS : c’est un travail vivant, qui se nourrit, se transmet et se réactive dans la durée.
Avez-vous des résultats concrets à fournir sur le projet ?
Depuis notre création il y a six ans, nous n’avons enregistré aucun départ client. La commune d’Angoulins-sur-Mer fait partie de ces collectivités fidèles. Nous proposons des contrats de trois ou cinq ans, donc nous arrivons sur les deuxièmes et troisièmes générations de licences. Les collectivités savent qu’elles disposent d’une valeur ajoutée sur ces sujets complexes, et surtout d’un appui mobilisable toute l’année, y compris en cas de crise. Nous participons également à des exercices en conditions réelles qui sont très concrets. Les 9 et 10 avril 2025, l’exercice Eole 2025, piloté par la préfecture de la Charente-Maritime et la Communauté d’agglomération de La Rochelle a permis de s’entraîner à la gestion de crise météorologique. Les 28 communes de l’agglomération en faisaient partie, dont Angoulins-sur-Mer.
Plus largement, quelle est l’actualité de votre société sur la thématique des projets eau ?
Nous portons deux projets majeurs, tournés vers l’innovation et l’anticipation. Le premier, Aquamunia, est un écosystème de services et de solutions dédié à la gestion des risques d’inondation. Il est financé par le dispositif aquagir/Banque des territoires, le Fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM), le Fonds vert et les Agences de l’eau. Dans ce cadre, nous sommes associés à l’entreprise Vortex-Io, qui déploie des capteurs sur les petits cours d’eau non couverts par les systèmes de l’État. Avec cette constellation de capteurs, ils produisent des données qui sont ensuite transmises à Egis Group, spécialiste de l’ingénierie de l’eau. Leurs équipes modélisent alors des cartographies prédictives des zones inondables. Nous les croisons avec les données des PCS pour mieux prévenir et gérer les inondations. Le projet est actuellement en phase d’expérimentation auprès de Vichy communauté.
Le second projet, Hydroscopia, est une plateforme d’exploration de données hydrologiques satellites financée par l’Etat dans le cadre du programme France 2030. A partir de données spatiales, il devient possible de caractériser la ressource : quantité d’eau disponible, qualité, température, etc. L’objectif final est de mieux gérer l’usage de l’eau dans les milieux agricoles, industriels, touristiques, etc.
D’après votre expérience, quelle est la durée moyenne de ce type de projet ?
L’accompagnement à la réalisation d’un PCS dure entre 3 et 6 mois et la contractualisation est soit d’une durée de trois ans soit de cinq ans.
Quelle était la composition /le dimensionnement et/ou l’organisation de l’équipe projet ?
A Angoulins-sur-Mer, il y a un noyau de trois personnes : le maire, le directeur général des services, un agent.
Profitez d’une offre de financement des projets en faveur de l’environnement : gestion de l’eau, etc.
Le projet en détails
Dates clés
2015
2019
2020
2025
Chiffres clés
20 000
30
À retenir
La simplification de la gestion de crise et l’accompagnement personnalisé
Le coût abordable
Les changements d’équipes municipales
Les acteurs de la filière eau impliqués dans ce projet
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Données de contact
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