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PFAS : définition, questions et sources d'informations

  • Pollutions

Cette définition couvre également les termes :

  • Substances per- et polyfluoroalkylées
  • Polluants éternels
  • PFOA
  • PFOS
  • Contaminants émergents
Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont des composés chimiques synthétiques persistants dans l’environnement, utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméables et résistantes à la chaleur. Ils contaminent les eaux et posent des risques sanitaires et environnementaux.

Définition du terme PFAS

Schéma expliquant la gestion des PFAS dans l'eau, leur impact sanitaire et les actions des collectivités
Seulement 14,9 % des cours d'eau des Hauts-de-France en bon état chimique à cause des PFAS (DRAAF 2025).

Définition simple

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont des composés chimiques artificiels utilisés depuis les années 1950. On les trouve dans les poêles antiadhésives, les textiles imperméables ou les mousses anti-incendie. Ces substances ne se dégradent pas dans l’environnement et s’accumulent dans l’eau, les sols et les organismes vivants. À partir de janvier 2026, elles intègrent le contrôle sanitaire des eaux potables en France, avec une limite fixée à 0,1 µg/L au robinet.

Définition technique

Structure chimique et propriétés des PFAS

Les PFAS regroupent plus de 4 700 molécules caractérisées par une chaîne carbonée saturée de fluor. Leur liaison carbone-fluor, l’une des plus stables en chimie, explique leur persistance dans l’environnement (demi-vie supérieure à 1 000 ans pour certains composés). On distingue deux grandes familles : les PFAS à chaîne longue (ex. PFOA, PFOS) et les PFAS à chaîne courte (ex. PFBA, PFHxA), ces derniers étant plus mobiles dans les eaux souterraines.

Sources de contamination des eaux par les PFAS

Les rejets industriels (fabrication de textiles, traitements de surface) et les sites pollués (anciennes bases militaires, aéroports) constituent les principales sources de contamination. En France, l’arrêté du 3 septembre 2025 impose une limite de quantification de 50 ng/L par substance en entrée de station d’assainissement. Les eaux de ruissellement urbaines et les boues de stations d’épuration, souvent épandues en agriculture, contribuent aussi à la dissémination des PFAS dans les sols et les nappes phréatiques.

Cadre réglementaire et juridique

Cadre européen et international

La directive (UE) 2020/2184 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine fixe des valeurs paramétriques pour 20 PFAS individuels et leur somme totale. La France transpose ces exigences via la loi n° 2025-188 du 27 février 2025, qui étend le contrôle sanitaire à une liste de PFAS déterminée par décret. Au niveau international, la convention de Stockholm classe le PFOS comme polluant organique persistant depuis 2009.

Obligations nationales pour les collectivités

La loi de 2025 impose aux Agences régionales de santé (ARS) de publier leurs programmes d’analyses des PFAS dans les eaux potables, y compris les eaux conditionnées. Les collectivités en charge de l’assainissement doivent surveiller les rejets industriels (article L. 523-6-1 du Code de l’environnement) et appliquer une redevance de 100 € pour 100 grammes de PFAS rejetés. L’interdiction progressive des produits contenant des PFAS (dès 2026 pour certains usages, totale en 2030) impacte aussi les marchés publics locaux.

Enjeux actuels et chiffres clés

Enjeux sanitaires et environnementaux

Les PFAS sont associés à des risques de cancers, de troubles endocriniens et de perturbations du développement fœtal. En Hauts-de-France, seulement 14,9 % des cours d’eau atteignent un bon état chimique, en partie à cause de ces polluants (source : DRAAF 2025). Leur persistance dans les sols et les eaux souterraines en fait un enjeu de long terme pour la gestion des ressources en eau.

Coûts et défis techniques pour les collectivités

Le traitement des PFAS nécessite des technologies coûteuses comme la nanofiltration ou l’osmose inverse. Le SEDIF investit 500 millions d’euros pour équiper ses usines franciliennes d’ici 2032, avec un premier remplacement de membranes prévu fin 2027 à Méry-sur-Oise. Les petites collectivités rurales peinent à financer ces solutions, malgré les aides des agences de l’eau.

Rôle et actions des collectivités

Surveillance et monitoring des PFAS

Les collectivités doivent intégrer les PFAS dans leurs schémas directeurs d’eau potable et leurs plans d’action GEMAPI. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes publie des cartes de présence des PFAS dans les eaux, tandis que l’ARS Hauts-de-France inclut ces substances dans son contrôle des métabolites de pesticides. Les données sont centralisées dans le Rapport sur l’environnement 2024 du ministère de la Transition écologique.

Protection des captages et réduction des intrants

Montpellier Métropole et Rennes Métropole participent au réseau « Territoires bio pilotes », coordonné par la FNAB, pour développer l’agriculture biologique sur les aires d’alimentation de captages. Ces actions visent une réduction de 70 % des PFAS d’ici 2028, via des leviers comme les paiements pour services environnementaux (PSE) ou les obligations réelles environnementales (ORE).

Solutions innovantes et investissements

Le SEDIF mise sur la filtration membranaire pour sécuriser l’alimentation en eau de 4 millions d’habitants. D’autres collectivités testent des procédés comme l’adsorption sur charbon actif en poudre ou la dégradation par oxydation avancée. La loi de 2025 encourage ces innovations en imposant une trajectoire de réduction des rejets industriels sur cinq ans.

Définition sur le Glossaire de l'Eau

Substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées

Définition créée le 24/08/2023 et dernière mise à jour le 29/10/2024

 

Sens commun

Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) constituent un vaste groupe de substances chimiques artificielles utilisées pour leurs propriétés de, résistance à l’eau, à la graisse et aux taches dans des produits tels que les ustensiles de cuisine antiadhésifs, les emballages alimentaires, les vêtements imperméables et les mousses extinctrices. Des PFAS peuvent également être présentes en tant que substances actives dans certains pesticides. Nous pouvons être exposés aux PFAS par l’intermédiaire de différentes sources, telles que les denrées alimentaires, divers produits de consommation ou l’environnement. Les PFAS peuvent être libérées dans l’environnement à travers des installations de fabrication, des sites de décharge ou encore des stations d’épuration des eaux usées. Également connus sous le nom de « polluants éternels », les PFAS sont extrêmement persistants et résistent à la dégradation durant de très longues périodes après leur introduction dans l’environnement. Ces composés étant susceptibles de persister longtemps dans l’environnement, cela augmente la probabilité de leur présence dans les aliments et suscite des inquiétudes quant à leur incidence durable sur la santé humaine et l’environnement. L’une des principales façons dont les PFAS contaminent les aliments réside dans l’accumulation progressive de ces substances dans l’eau, chez les poissons, les mollusques, les plantes et les animaux. En outre, les PFAS peuvent migrer à partir d’équipements de transformation des aliments et d’emballages alimentaires. Toutefois, cette contribution à l’exposition humaine est faible par rapport aux autres sources.

 

Source : EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments)

 

Sens technique

Les PFAS (substances per et polyfluoroalkylées) sont des composés aliphatiques fluorés synthétiques, qui peuvent être caractérisés en fonction de leur structure chimique et en particulier en fonction de la longueur de leur chaîne carbonée et de leur groupe fonctionnel. Cette famille regroupe plus de 10 000 substances. Certains PFAS sont neutres, présentent une grande volatilité et une solubilité dans l’eau faible alors que d’autres sont des espèces ioniques peu volatiles et très solubles dans l’eau. Les PFAS sont des molécules amphiphiles, possédant à la fois des propriétés hydrophobes (chaîne carbonée) et hydrophiles (groupes fonctionnels). Ce sont des molécules très stables chimiquement, à cause des liaisons C-F, qui sont parmi les liaisons les plus fortes de la chimie organique. Selon l’ITRC, cette famille peut être divisée en deux grandes classes : les PFAS polymères et les PFAS non polymères (ITRC 2022). Les PFAS polymères sont des molécules de haut poids moléculaires formées par la combinaison de plusieurs unités similaires (monomères). Il s’agit des fluoropolymères comme le PTFE, des perfluoropolyéthers et des polymères à chaînes latérales fluorées. Les PFAS non polymères correspondent à la catégorie de PFAS la plus fréquemment détectée à ce jour chez l’Homme, le biote et les autres compartiments de l’environnement. Ils comprennent les substances perfluorées et les substances polyfluorées.

 

Source : INERIS

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Questions fréquemment associées à PFAS

Ressources externes pour PFAS

ANSES

PFAS : des substances chimiques dans le collimateur

European Environment Agency

Que sont les PFAS et en quoi sont-ils dangereux pour ma santé ?

National Geographic

Les PFAS, ces substances nocives omniprésentes dans nos emballages alimentaires

Agence Régionale de Santé

PFAS, ce qu’il faut savoir

Institut national de Santé public du Québec

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