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La Meilleraie-Tillay (85) montre la voie pour l’infiltration des eaux pluviales en Vendée

Pentue comme son nom l’indique, la rue des Monts par laquelle on entre dans La Meilleraie-Tillay était un exemple classique de voirie à l’ancienne : des sols complètement artificialisés, trottoir compris jusqu’au pied des arbres, avec un collecteur d’eaux pluviales en bas de la rue.

Lors des fortes pluies, la surverse transférait très rapidement des polluants vers le Lay en contrebas.

En 2023, la désimperméabilisation de 330 m² de trottoir a amélioré à la fois la gestion des eaux pluviales, la qualité esthétique de l’entrée du bourg et le cheminement piéton vers la promenade du Lay. Un recyclage réussi de l’espace public à moindre coût pour la commune.

Entretien avec Adeline Auberger, Emmanuel Jarny et Vincent Bossard

Parole de collectivité
Adeline Auberger, adjointe à l’environnement de La Meilleraie-Tillay, Emmanuel Jarny, conseiller environnement au CPIE Sèvre et Bocage et Vincent Bossard, technicien à Vendée eau - Crédits photo : Banque des Territoires
Gestion des eaux pluviales

Ce projet est présenté par :

  • Adeline Auberger, adjointe à l’environnement de la commune La Meilleraie-Tillay et vice-présidente agriculture, eaux et biodiversité à la communauté de communes du Pays de Pouzauges
  • Emmanuel Jarny, chargé d’action environnement au CPIE Sèvre et bocage
  • Vincent Bossard, conseiller environnement  à Vendée eau
Notre philosophie partagée avec Vendée eau et le CPIE Sèvre et Bocage est de montrer qu’on peut faire les choses simplement pour améliorer la gestion des eaux pluviales
Adeline Auberger

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets de gestion de l’eau sur votre territoire, aquagir part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action

Comment le recyclage d’espaces publics pour une meilleure gestion  des eaux pluviales s’est-il imposée à l’agenda de votre collectivité ?

Adeline Auberger : Nous sommes un Territoire Engagé pour la Nature, programme piloté par l’intercommunalité (2019-2023). Notre projet ambitieux de préservation des milieux, de la biodiversité et des ressources est décliné dans chaque commune du territoire. À la Meilleraie-Tillay, dès le début du mandat en 2020, nous avons voulu entreprendre un premier projet significatif, sans être trop gros, pour sensibiliser les habitants aux enjeux de la désimperméabilisation des espaces publics. En entrée de bourg, un trottoir nécessitait un réaménagement : une rangée de tilleuls avait été coupée au motif qu’ils soulevaient les murs des riverains et les places de stationnement bitumées. Les souches étaient restées.

C’était un chantier vitrine idéal pour notre commission environnement, qui s’est fixé pour objectif d’avoir un projet par an. L’idée est d’inscrire cette démarche dans la durée, avec une politique des petits pas.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Emmanuel Jarny : Le CPIE Sèvre et Bocage accompagne la commune sur sa transition écologique depuis 7 ans. Nous avons commencé par la mise en place de la gestion différenciée des espaces verts et l’arrêt des produits phytosanitaires. Aujourd’hui nous les accompagnons beaucoup sur la gestion des eaux pluviales, notamment via ce que nous appelons le recyclage d’espaces publics : repenser l’existant et profiter de chaque aménagement de voirie pour améliorer l’infiltration des eaux de pluie.

Vincent Bossard : Du côté de Vendée eau, nous sensibilisons les communes aux enjeux qualitatifs et quantitatifs de la gestion de l’eau depuis plusieurs années. Ce territoire est en tête de bassin versant, avec un objectif de protection du captage prioritaire du Rochereau sur le Lay. En 2020, La Meilleraie-Tillay s’est inscrite à notre programme « chaque goutte compte ». Nous avons soutenu dans ce cadre le projet de déconnexion de 80 % de la toiture de la salle de sport pour infiltrer les eaux pluviales dans la zone humide à proximité. La réalisation de la rue des Monts, avec d’autres sites sur le territoire, nous sert maintenant de site pilote pour emmener des groupes en formation.

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Adeline Auberger : Nous avons tout fait nous-mêmes. La commune fait le choix de mener des projets à taille humaine en gardant la maîtrise d’ouvrage, afin de pouvoir déployer plusieurs projets à moindre coût chaque année. Vendée Eau nous a apporté les données de pluviométrie. Nous avons ensuite calculé les surfaces désimperméabilisées, les surfaces d’eau captées par l’aménagement et les volumes à retenir dans les tranchées drainantes, avec l’aide du CPIE. Nous avons monté nos dossiers de demandes de financement avec ces seules données. D’ailleurs, nous suggérons aux financeurs de créer une catégorie de projet « amélioration de la gestion des eaux pluviales sans toucher au réseau », dispensée d’études complexes et coûteuses, pour simplifier la vie des petites communes et permettre d’accélérer le déploiement de projets !

Emmanuel Jarny : Les travaux proposés ne pouvaient qu’améliorer l’infiltration des eaux pluviales :  large bande enherbée et plantée, cheminement piéton de 1,5m de large, pieds de murs végétalisés, remplacement de 7 places de stationnement bitumées par 3 places engazonnées. Dès lors qu’un projet permet de détourner tout ou partie des eaux pluviales du réseau de collecte, on sait qu’on fait mieux que l’existant et on peut s’épargner des études sophistiquées. Les travaux coûtent suffisamment cher ! Quand on ne touche pas au réseau, il faut simplifier et faire confiance aux communes.

Concernant les compétences, quelles sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

Adeline Auberger : Le CPIE a proposé au conseil municipal une fresque du climat, contextualisée au bocage vendéen. C’était utile parce que les élus municipaux partaient de points très différents. Du côté de l’intercommunalité, nous avons organisé une formation des élus et des agents sur les enjeux de la désimperméabilisation et de la gestion intégrée des eaux pluviales. L’idée était de comprendre comment la question se pose et entrevoir des solutions concrètes.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Adeline Auberger : Pour tout projet d’aménagement, nous organisons la concertation avec un collectif citoyen. Dans ce cas il n’y avait pas lieu de constituer un collectif car il y a un seul riverain. Cependant, nous avons communiqué pendant toutes les phases du projet : lors des vœux aux habitants, sur notre compte facebook, dans la lettre mensuelle… Ce premier projet est stratégique pour la commune car son emplacement et sa visibilité sont l’occasion d’un travail important de sensibilisation des habitants.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Adeline Auberger : Vendée eau finance le temps d’ingénierie du CPIE et a ouvert une enveloppe de 4000€ pour réaliser les premiers projets vitrine de recyclage des espaces publics. Avoir un début de financement est un élément déclencheur ! Le coût global de l’opération est de 26000€. Nous avons présenté ce projet à l’Agence de l’eau et au Fonds vert pour la transition écologique. Le projet n’a pas été financé par l’Agence de l’eau dont l’enveloppe était déjà consommée, mais nous avons obtenu le Fonds vert qui a financé 80 % de l’opération. Il reste 3500€ à la charge de la commune.

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné La Meilleraie-Tillay dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Cette action répond aux enjeux du Contrat Territorial Eau Lay Amont signé par le syndicat du Lay, Vendée Eau, la communauté de communes du Pays de Pouzauges et l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.

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Le projet en détails

Dates clés

2020

Mise à l'agenda

2022

Montée en compétences

2023

Diagnostic, planification et réalisation (décembre 2023)

Mai 2024

Mise en service

Chiffres clés

330

m2, la surface désimperméabilisée

690

m2, la surface d’eau captée par l’aménagement

À retenir

C’est un projet simple qui permet de comprendre les principes de base de l’infiltration des eaux de pluie.

Les moyens techniques limités de la commune peuvent être un frein à la végétalisation : les agents craignent d’avoir toujours plus de végétal à gérer. Mais on peut aussi simplifier l’entretien de certaines zones. Une prairie fleurie qui se tond, c’est moins d’entretien qu’un massif.

Ressources

Newsletter la Meilleraie-Tillay - Désimperméabilisation de la rue des Monts

Le chantier de désimperméabilisation de la rue des Monts vient de s'achever. Il restera à planter 3 arbres ainsi que des pieds de mur avant la fin de l'hiver.

Les partenaires de ce projet

Agence de l'eau Loire-Bretagne

Agence de l’Eau Loire-Bretagne.

vendée-eau

Vendée Eau

CC Pays de Pouzauges

Communauté de communes du Pays de Pouzauges

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Syndicat du Lay

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