GESTION DES MILIEUX AQUATIQUES

Restauration de la zone alluviale de Malaguet (86)

Niveau d'expertise : intermédiaire

Au cœur du vaste domaine agricole de Malaguet traversé par l'Auxance de nombreuses espèces d'arbres cohabitent. Cette propriété agricole appartenant à la Ville de Poitiers accueille dans le cadre d’un Projet Alimentaire Territorial une activité de maraîchage en lien avec la restauration collective. La partie ouest est une vaste zone humide convertie pour l’essentielle en peupleraie. Cette propriété a fait l’objet d’une restauration pour y favoriser le développement de la biodiversité et notamment de celle liée aux milieux aquatiques.

Grand Poitiers Communauté urbaine a entrepris des travaux pour ouvrir des milieux jugés trop homogènes et pour favoriser l’accès des espèces et notamment par la rivière dont le potentiel d’accueil et de reproduction piscicole était identifié. Les écoulements ont été retravaillés pour devenir plus dynamiques et des caches à poissons ont été créées.

Le domaine de Malaguet a été un catalyseur de différents projets qui disposaient chacun de leur propre plan de financement

Yvonnick Guinard

L'interview

Comment le sujet de la restauration de la zone alluviale de Malaguet, la frayère à truites et des boisements alluviaux sur la commune de Migné-Auxances s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?

Le domaine de Malaguet est une propriété de la Ville de Poitiers implanté sur la commune de Migné-Auxances. C’est un ensemble parcellaire de 40hectares traversé par plusieurs bras de la rivière Auxance et qui présente une mosaïque de milieux naturels. La collectivité porte de longue date une politique en faveur de la préservation du vivant sur son territoire, notamment les habitats naturels. Dans ce cadre, des actions de restauration des sites ou de renaturation sont régulièrement menées par la collectivité ou ses partenaires. Nous avons bénéficié de la mise en œuvre des mesures compensatrices environnementales par Coséa, le constructeur de la ligne LGVSEA, pour déployer ces travaux.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

La collectivité dispose de données naturalistes de cadrage pour conduire ses actions en faveur de la biodiversité : approche patrimoniale du territoire, stratégie trame verte et bleue, Atlas de Biodiversité Communautaires. En parallèle, le Contrat Territorial Milieux Aquatiques (CTMA) du Clain aval identifie plusieurs actions en lien avec les milieux aquatiques. Par ailleurs, la Fédération de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques portent un programme de restauration des habitats piscicoles. Enfin, l’aménagement de la LGVSEA a été un vecteur de rapprochement des actions en faveur de la biodiversité dans le cadre de la compensation environnementale.

Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?

Oui, plusieurs études naturalistes et dossiers d’autorisation environnementale ont été réalisés. Elles sont venues compléter les démarches d’amélioration des connaissances que la collectivité avait menées au préalable. Pour la restauration des frayères, c’est-à-dire les zones de reproduction des poissons, il a fallu tenir compte de la présence de Mulettes. Il s’agit d’espèces protégées pour lesquelles il était notamment interdit de détruire son habitat. L’association de défense de l’environnement, Vienne Nature est donc venue réaliser un état des lieux et un marquage des emplacements de Mulettes préalablement aux travaux afin de les adapter.

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

Un projet de cette nature nécessite prioritairement une bonne connaissance de la dynamique et des enjeux de conservation des habitats naturels présents sur site. La maîtrise du cadre réglementaire est également très importante. La coordination avec les autres acteurs dans le domaine et sur le site est indispensable.

Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?

Le domaine de Malaguet avait fait l’objet d’un diagnostic par la collectivité avant que les différents projets de restauration des habitats naturels ne soient envisagés. Cette connaissance préalable a permis à la collectivité de bien évaluer le dimensionnement et la cohérence de chacun d’eux. Le Domaine n’étant pas ouvert au public, la question de l’adhésion des citoyens s’est moins posée ici que sur d’autres sites comparables de la collectivité.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Le domaine de Malaguet a été un catalyseur de différents projets qui disposaient chacun de leur propre plan de financement.

Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la Communauté urbaine du Grand Poitiers dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

  • Vienne Nature
  • Fédération de pêche de la Vienne
  • CNPF Nouvelle-Aquitaine
  • Syndicat Clain Aval
  • Alliance Forêt Bois
  • Lisea

Le projet en détails

Dates clés

  1. 2005

    Mise à l'agenda du projet

  2. 2011

    Inspiration

  3. 2017

    Diagnostic et planification

  4. 2019

    Réalisation du projet

Chiffres clés

  • 5,67

    hectares de boisement par patchs

  • 471

    mètres linéaires de Ripisylve

  • 1

    kilomètre de cours d'eau restauré en faveur de la reproduction de la truite

À retenir

  • Complémentarité et transversalité entre politiques publiques

  • Une "vraie" compensation environnementale de par la restauration de fonctionnalités écologiques perdues

  • Difficulté à coordonner les différents cadres règlementaires

Les partenaires du projet

  • Agence de l'eau Adour-Garonne

  • Syndicat Clain Aval

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