Définition générale
Qu’est-ce qu’un bassin de rétention ?
Le bassin de rétention, souvent appelé bassin d’orage, constitue l’un des outils incontournables pour la gestion des eaux pluviales en milieu urbain et périurbain.
Cette infrastructure hydraulique gère le trop-plein d’eau causé par des pluies intenses ou prolongées. Plus le sol est imperméabilisé (routes, parkings, bâtiments), plus le volume d’eau à maîtriser s’accroît.
Son rôle principal est d’interrompre la course de l’eau vers le réseau d’assainissement ou le milieu naturel, en stockant temporairement ce flux et en contrôlant son rejet grâce à des dispositifs de régulation (vanne, orifice calibré, surverse). La technologie varie : il s’agit le plus souvent de dépressions paysagères ou d’ouvrages enterrés (cuves, casiers préfabriqués, béton armé).
Les bassins collectifs ou municipaux intègrent fréquemment une zone végétalisée, gage supplémentaire pour l’épuration naturelle et la biodiversité.
Pour les collectivités, le schéma d’assainissement intègre l’implantation de ces bassins dans une logique d’adaptation au changement climatique, de prévention des inondations et de protection des infrastructures collectives. L’urbanisation croissante impose un calcul précis de la capacité nécessaire (ratio-type : 100 litres/m² de surface imperméabilisée), et des mesures de sécurité telles que la clôture ou la surveillance technique.
La démarche commence par un diagnostic hydrologique, impliquant élus, agents, bureaux d’études, puis se poursuit par la conception, l’intégration paysagère, la consultation citoyenne et l’entretien. Un projet de bassin peut être combiné à d’autres ouvrages : noues végétalisées, bassins d’infiltration, canalisations d’assainissement, pour garantir une gestion complète du cycle de l’eau sur le territoire communal.
Enfin, la pluralité des usages (gestion temporaire, épuration, valorisation écologique, apports pédagogiques) fait du bassin de rétention une pièce maîtresse adaptée aux besoins spécifiques des territoires. Les fonctions diffèrent : écrêtement hydraulique, régulation des pollutions, création d’espaces verts en cœur de ville, renforcement du schéma communal de prévention.
Chaque collectivité trouve une formule sur-mesure, selon ses contraintes urbaines, géologiques et réglementaires.
Définition technique
Techniquement, le bassin de rétention est dimensionné en fonction des surfaces collectées et du régime pluvial de référence.
Le calcul de capacité repose sur le recensement des surfaces imperméabilisées, leur coefficient de ruissellement, et la modélisation des débits de fuite souhaités.
Classiquement, les bassins sont conçus pour stocker au minimum 100 litres par mètre carré de surface imperméable (exigence pour lotissements ou zones d’activités), parfois plus selon les spécificités locales et les cartographies de risques.
L’arrivée de l’eau peut être directe (ruissellement gravitaire) ou via le réseau pluvial. L’ouvrage doit intégrer un système de prétraitement afin d’éliminer les flottants, boues, sables et débris (regards, grilles, cunettes, filtres). L’orifice de régulation, calibré pour limiter le débit de fuite à 7 litres/seconde/hectare, évite la surcharge du réseau aval ou du milieu récepteur.
La surverse offre une sécurité lors des événements exceptionnels.
Les matériaux (béton, acier, modules plastiques ou cuve polyéthylène) sont choisis selon la résistance structurelle, la durée d’usage et la possibilité de valorisation écologique. Des aménagements comme les rampes d’accès, les talus végétalisés et la signalétique facilitent l’entretien et sécurisent l’ouvrage.
Le vidage total doit être opéré dans les 48 heures suivant la pluie, condition nécessaire à la fonctionnalité.
Enfin, les bassins de rétention se distinguent des bassins d’infiltration par leur objectif de rejet contrôlé (non d’infiltration locale directe), une nuance fondamentale à intégrer dans le schéma communal.
Définition juridique et réglementaire
Implanter ou gérer un bassin de rétention suppose le respect de nombreux textes réglementaires : Code de l’environnement, Code de l’urbanisme, règlements sanitaires et prescriptions locales. Parmi les articles concernés, la servitude d’écoulement du Code civil rappelle que chaque propriétaire doit accepter les eaux naturelles arrivant d’amont (art. 640, 641, 681), à condition que le débit ne soit pas aggravé par des aménagements.
La législation impose la déclaration ou l’autorisation “loi sur l’eau” pour sites dépassant 1 hectare ou situés en zone sensible. Les planifications locales (PLU, SDAGE, SAGE, PPRI) encadrent les prescriptions de sécurité, de volumétrie, de gestion et d’entretien. Pour les bassins urbains ou industriels, la collectivité doit anticiper la gestion du risque, l’accessibilité des secours, la signalisation et la prévention des pollutions accidentelles
La norme NF EN 752 guide la conception et la performance : résistance structurelle, étanchéité, délais de vidange, disposition des orifices, traitement écologique et sécurité anti-intrusion.
Les règlements départementaux imposent l’entretien périodique, l’inspection de la régulation, la gestion des boues et la conformité environnementale.
Pour la conformité réglementaire, il convient de formaliser l’usage public ou privé, les obligations de sécurisation, la procédure de transfert éventuel au domaine public et les contre-visites techniques. D’éventuelles subventions ou aides financières sont conditionnées à la stricte observation des prescriptions réglementaires et à la documentation en amont du projet. Un schéma communal (ou intercommunal) explicite la logique de gestion et le plan de financement dans le cadre du projet de territoire.
Cas d’usage
| Cas d’usage | Description synthétique | Contexte territorial | Bénéfices attendus |
| Protection contre les inondations | Prévention des crues urbaines lors d’épisodes de pluies intenses | Commune urbaine/zones à risque | Sécurité des biens/personnes |
| Gestion des eaux de voirie | Stockage temporaire en bord de route ou parking | Aménagement de voiries/commerces | Durabilité des réseaux, sécurité |
| Valorisation écologique et paysagère | Bassin paysager multifonctionnel (stockage et espaces verts) | Parc ou espace vert municipal | Biodiversité, attractivité |