Définition générale
Qu’est-ce que le chemisage ?
En assainissement, le chemisage désigne une méthode innovante de réhabilitation interne des canalisations, qu’il s’agisse de réseaux d’eaux usées, pluviales ou d’eau potable. Contrairement à la rénovation par remplacement qui impose de lourds travaux de terrassement, le chemisage s’effectue sans destruction : on introduit une gaine textile ou on pulvérise (« spray ») une résine sur toute la longueur concernée. Une fois polymérisé, ce revêtement forme une nouvelle canalisation étanche et résistante à l’intérieur de l’ancienne.
Après inspection vidéo et curage, la gaine imprégnée de résine (époxy, polyester ou vinyle) est insérée et pressée contre la paroi par air comprimé, eau ou vapeur, ou projetée (« spray ») en couches successives par machine rotative robotisée, ce qui est particulièrement adapté pour des diamètres irréguliers ou de nombreux coudes. La polymérisation par chaleur, UV ou air confère ses propriétés mécaniques à la résine. Ce procédé garantit une continuité de service, limite la réduction du diamètre et supprime quasiment toutes les nuisances de chantier pour les riverains.
En contexte de gestion patrimoniale communale, le chemisage permet de prolonger la durée de vie des réseaux souterrains, en redonnant aux conduites anciennes ou endommagées leur rôle hydraulique et leur étanchéité, sans risque de fuite ni d’infiltrations parasites. Il s’avère optimal dans les zones urbaines denses, sous chaussée, écoles ou équipements collectifs où la moindre ouverture de tranchée générerait de lourdes perturbations.
On distingue deux grandes familles : le chemisage continu (gaine textile sur toute longueur) et le chemisage par spray, qui consiste à projeter directement une résine structurante sur les parois internes.
Cette dernière technique (« spray lining ») combine rapidité, adaptabilité à tous profils de canalisations et facilité de réintervention ultérieure.
Le chemisage évite les interruptions de service prolongées, s’intègre dans les politiques de maintenance préventive et curative des collectivités : il vise à fiabiliser durablement les installations tout en maîtrisant budgets et délais d’intervention.
Définition technique
Techniquement, le chemisage se décline en plusieurs procédés adaptés au défaut diagnostiqué : chemisage continu (gaine posée sur toute la longueur) ou partiel (patchs ciblés), résine projetée (époxy, polyester alimentaire), gaines textiles polymérisées par UV, vapeur ou eau chaude. Les étapes standard sont les suivantes : diagnostic vidéo, curage haute pression, insertion de la gaine imprégnée, pressage contre la paroi par air ou eau, polymérisation, réouverture robotisée des branchements et inspection finale.
Pour une canalisation d’eaux usées DN80 à DN2000, le choix du procédé dépend du diamètre, de la nature du défaut (fissures, racines, abrasion) et du matériau d’origine. Les gaines modernes assurent une tenue mécanique équivalente ou supérieure à la conduite initiale. La réduction de section hydraulique reste marginale (généralement inférieure à 10%). Les propriétés physico-chimiques de la résine garantissent l’étanchéité, la résistance à la corrosion et aux agents chimiques présents dans les effluents. Pour l’eau potable, l’emploi de résines alimentaires respectant les normes sanitaires est impératif.
Le contrôle qualité utilise une inspection vidéo post-travaux et des tests d’étanchéité. Les critères techniques incluent : adhérence à la paroi, absence de plis, résistance structurelle, conformité aux normes NF EN 13566-4 et 752.
Définition juridique et réglementaire
Le recours au chemisage dans l’assainissement est strictement réglementé, tant pour les réseaux d’eaux usées que pour l’eau potable. Le Code de la santé publique encadre le choix des résines pour l’eau destinée à la consommation humaine : seules les résines certifiées alimentaires sont autorisées. Les travaux, qu’ils impliquent un chemisage classique ou par spray, doivent répondre aux normes NF EN 13566-4 (assainissement), EN 752, et respecter le règlement sanitaire départemental.
Une déclaration préalable de travaux en mairie peut s’avérer nécessaire, surtout pour les interventions en domaine public. Les entreprises intervenantes doivent présenter des fiches techniques et procès-verbaux d’étanchéité au terme du chantier. Les documents d’inspection vidéo et de réception sont annexés au schéma directeur de l’assainissement ou de l’eau potable communal. La traçabilité des matériaux utilisés, les résultats de tests (étanchéité, innocuité alimentaire, résistance mécanique) doivent être archivés pour les contrôles techniques ou subventions publiques.
Pour les projets sensibles (proximité de captages, établissements scolaires, infrastructures stratégiques), des arrêtés d’exploitation précisent le calendrier, les exigences de sécurité et les moyens de surveillance. Le respect de la réglementation garantit la durabilité, la sécurité sanitaire et la conformité de l’ouvrage, notamment en cas de sinistre ou de litige sur la continuité du service d’assainissement.
Cas d’usage
| Cas d’usage | Description | Contexte territorial | Bénéfices attendus |
Réhabilitation assainissement sans tranchée |
Chemisage gainé ou spray sur plusieurs mètres, sans ouverture voirie | Centres urbains, routes principales | Réduction nuisances, délai optimisé |
Patch ou spray localisé dans voirie ancienne |
Application résine par spray pour colmater défauts ponctuels | Quartiers anciens, diamètres faibles | Remise en service rapide, coût réduit |
Sécurisation d’un réseau eau potable |
Chemisage alimentaire, contrôle post-travaux par inspection vidéo | Proximité écoles, équipements publics | Conformité, sécurité sanitaire |