L’érosion des berges est un processus naturel ou anthropique par lequel les sols des rives d’un cours d’eau sont arrachés et transportés par le courant. Ce phénomène sédimentaire est fondamental pour la dynamique fluviale, contribuant à la migration des méandres et au transport des particules.
Erosion des berges : définition, questions et sources d'informations
- Gestion des milieux aquatiques
Définition du terme Erosion des berges

Définition sur le Glossaire de l'Eau
Érosion des berges
Définition créée le 01/06/10 et dernière mise à jour le 22/07/22
Sens commun
Phénomène naturel, généralement provoqué par le courant, participant au transport de la charge solide et à la recharge sédimentaire du cours d'eau. Les érosions de berges sont à l'origine des migrations de méandres, et garantissent le fonctionnement dynamique du cours d'eau. Il existe cependant des érosions de berge d'origine non naturelle : piétinement de la rive par le bétail (affaiblie la berge et supprime la végétation), plantation non adaptée en rive (résineux et peupliers), terriers de ragondins et écrevisses exotiques (surtout clarkii). Ces érosions de berges d'origine non naturelles ont un impact grave sur le fonctionnement du cours d'eau quand il s'agit de linéaires importants.
Source : d'après OFB
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Questions fréquemment associées à Erosion des berges
L'érosion des berges résulte de causes naturelles et humaines. Naturellement, elle est provoquée par la force hydraulique du courant, qui arrache les particules du sol, surtout dans les courbes concaves ou près d’obstacles. Les épisodes de crues, le gel-dégel et les résurgences d’eau souterraine fragilisent également les berges.
L’activité humaine accélère le phénomène : l’urbanisation, le piétinement du bétail, la déforestation et le ruissellement imperméabilisé augmentent l’exposition des sols. Les interventions comme les barrages ou les digues modifient la dynamique naturelle des cours d’eau, tandis que les embâcles (arbres morts) détournent le courant vers les berges. Enfin, l’absence de végétation riveraine, dont les racines stabilisent les sols, aggrave les risques.
Pour lutter contre l'érosion des berges, trois approches complémentaires existent.
- Le génie végétal mise sur la nature : planter des herbes, arbustes et arbres stabilise les sols grâce à leurs racines, surtout sur les pentes douces. Des techniques comme les pieux vivants (branches enfouies qui prennent racine) ou les boudins végétaux (filets remplis de plantes) renforcent les berges modérément dégradées.
- Les techniques mixtes allient végétation et ouvrages. Par exemple, un enrochement en bas de berge protège des courants, tandis qu'une végétalisation en haut du talus prévient les glissements. Les murs de soutènement en pierre ou béton, associés à des plantes, brisent l'énergie des vagues et ralentissent l'eau.
- Le génie civil intervient dans les cas critiques : enrochements soigneusement positionnés ou gabions (cages de pierres) limitent l'affouillement des berges très érodées. Deux règles sont essentielles : privilégier des surfaces rugueuses (pas de béton lisse) et respecter le profil naturel de la rivière.
Le choix de la méthode dépend de la pente, du type de sol et des contraintes du cours d'eau. Si les solutions végétales sont idéales pour leur éco-durabilité, le génie civil reste indispensable quand des infrastructures sont menacées.
- L'érosion hydraulique : Le courant creuse le pied des berges, surtout dans les courbes concaves ou près d'obstacles, affaiblissant leur stabilité jusqu'à provoquer des effondrements.
- Les glissements gravitaires : Dans les sols cohésifs saturés d'eau (après des pluies ou une décrue rapide), le poids excède la cohésion du sol, entraînant des ruptures en forme d'arc ou des plaques qui glissent.
- La boulance : Une pression élevée de la nappe phréatique (supérieure au niveau de l'eau) provoque des résurgences qui liquéfient les sols stratifiés, déclenchant des glissements.
- Les facteurs anthropiques : Les aménagements (digues, barrages), le piétinement du bétail, ou les terriers d'espèces invasives accélèrent ces processus en fragilisant la végétation stabilisatrice.
Ces mécanismes interagissent souvent : l'affouillement du pied par le courant précède généralement les glissements gravitaires.
Ressources externes pour Erosion des berges
Agriréseau
Diagnostic et solutions des problèmes d’érosion des berges de cours d’eau
Syndicat intercommunal d'aménagement Midour-Douze
La gestion des érosions de berge
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