Le périphyton joue un rôle clé dans la régulation de la qualité de l’eau à travers plusieurs mécanismes :
Il filtre les polluants en absorbant et piégeant des substances dissoutes comme les nutriments (phosphore, azote), les métaux lourds (mercure) ou les pesticides, limitant alors leur dispersion dans la colonne d’eau. Cependant, ces polluants peuvent être relargués dans l’écosystème lors de la dégradation du biofilm ou de sa consommation par des organismes.
Il est un indicateur d’eutrophisation. Son épaisseur (mesurée en mm) et sa composition réagissent rapidement à l’enrichissement en nutriments :
- Épaisseur < 2 mm : considérée comme normale dans un lac sain
- Épaisseur > 2 mm : signe précoce d’enrichissement en phosphore, souvent lié à des sources humaines (eaux usées, ruissellements agricoles)
Les diatomées dominantes et la présence de cyanobactéries dans le périphyton fournissent des indices sur le degré de pollution organique.
De plus, il contribue à la régulation du phosphore. Le périphyton stocke temporairement le phosphore sous forme de P labile ou Ca-P (phosphate de calcium), contribuant à réduire sa disponibilité pour les algues planctoniques. Cette capacité est exploitée en bioremédiation, notamment dans les milieux salins.
En tant que base alimentaire pour de nombreux organismes (invertébrés, poissons), il participe au transfert d’énergie dans le réseau trophique. Son développement excessif peut toutefois asphyxier les habitats benthiques et favoriser des déséquilibres biologiques.
Enfin, son suivi via des protocoles standardisés (mesures d’épaisseur, identification taxonomique) permet d’évaluer l’efficacité des mesures de protection des lacs et de détecter précocement les sources de pollution diffuse.